BFM

Covid-19: les élus marseillais opposés à un confinement le week-end

BFM Jules Pecnard , Journaliste BFMTV
placeholder video
Les Bouches-du-Rhône sont sur la liste des 20 départements où la forte circulation du Covid-19 est surveillée par le gouvernement. Ses plus récents chiffres sont toutefois encourageants.

Marseille va-t-elle devoir bientôt subir à son tour un confinement le week-end? Les Bouches-du-Rhône sont sur la liste des 20 départements "sous surveillance renforcée", où la circulation du Covid-19 est assidûment scrutée par le gouvernement. Elles se situent dans la même région que le littoral niçois, qui s'apprête à se cloisonner à nouveau ce vendredi. Réunis par le préfet lundi soir, les élus locaux ont défendu le maintien d'une gestion territorialisée.

"Nous avons un taux de positivité (...) moitié moindre que celui des Alpes-Maritimes. Donc on ne peut pas comparer une situation locale et en faire une généralité", insiste auprès de BFMTV Georges Cristiani, maire de Mimet et président de l'Union des maires des Bouches-du-Rhône.

"Situation psychologique délicate"

Lors de la réunion avec le préfet de Région Christophe Mirmand, le maire socialiste de la Cité phocéenne, Benoît Payan, a réitéré son opposition au confinement partiel, rapporte La Provence. La vice-présidente Les Républicains de la Métropole, Emmanuelle Charafe, s'est inquiétée de "la situation psychologique extrêmement délicate" des habitants et de la faible acceptabilité à l'endroit de mesures plus strictes.

Pour l'heure les Marseillais profitent de la météo printanière. Surtout les jeunes adultes, qui flânent sur les pelouses du parc Émile Duclaux, près du Vieux-Port. Certains craignent qu'il ne s'agit là plus que d'un bol d'air avant un week-end confiné.

"On travaille toute la semaine, on n'a pas forcément envie de rester chez nous le week-end et on voudrait un peu s'aérer l'esprit", s'inquiète une Marseillaise. Un habitant plus âgé s'alarme pour les enfants, dont le rythme actuel de vie consiste à aller à l'école puis rentrer immédiatement chez eux dès qu'ils en sortent.

Chiffres encourageants

Certains arguments sanitaires pourraient peser dans la balance. Bien que toujours très élevé, le taux d'incidence du coronavirus est en baisse continue dans les Bouches-du-Rhône, passant de 410 contaminés pour 100.000 habitants le 4 février à 321 le 27 février - il est de 562 dans les Alpes-Maritimes. La tension hospitalière, par conséquent, s'est quelque peu allégée.

L'Agence régionale de santé, par ailleurs, a rapporté lundi un taux de positivité de 6,6%, en deçà de la moyenne nationale de 7,3%, dans un des départements qui testent le plus en France. À titre de comparaison, les Alpes-Maritimes affichent un taux de positivité de 10,6%. Pour autant, pas question de baisser la garde selon Claire Pitollat, députée La République en marche des Bouches-du-Rhône.

"On voit des relâchements, c'est normal, il fait beau, on se promène et on n'est pas toujours en pleine vigilance. Donc il faut absolument renforcer la présence sur le terrain des forces de l'ordre", a-t-elle déclaré au micro de BFMTV.

La même Claire Pitollat a prédit auprès de La Provence qu'au vu de "la teneur des échanges" entre les élus et le préfet de la Région Sud, il n'y aurait probablement pas de confinement ce week-end. Si ce dernier semble faire l'unanimité contre lui, ce sera quoi qu'il en soit à l'État prendre une décision en dernier ressort.