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Coronavirus: des associations réclament des "mesures urgentes" pour protéger les migrants

BFM B.R. avec AFP
Un migrant devant une tente dans un campement informel, près du port de Calais, le 18 février 2019

Un migrant devant une tente dans un campement informel, près du port de Calais, le 18 février 2019 - Philippe Huguen / AFP

Une vingtaine d'associations ont envoyé une lettre aux préfectures du Nord et du Pas-de-Calais ainsi qu'aux maires de Calais et grande-Synthe pour les alerter sur la situation des migrants.

Des associations ont réclamé aux autorités des "mesures urgentes" pour "protéger" les migrants vivant dans le nord de la France afin de répondre à la crise sanitaire liée au coronavirus, dans une lettre dont l'AFP a obtenu copie mardi. Cette crise révèle "l’insuffisance des moyens mis en place par l’Etat pour protéger ces personnes, ce qui nous expose tous à des risques accrus", écrivent ainsi 24 associations, dont l'Auberge des migrants et Médecins du monde.

"Comment appeler le 15 sans accès à un téléphone?"

"La situation des personnes exilées est innommable: absence d’hébergement, froid, humidité, stress, fatigue, entassement à plusieurs dans des tentes légères, expulsion quotidienne des lieux de vie, conditions sanitaires déplorables...", listent-elles dans ce courrier adressé lundi aux préfectures du Nord et du Pas-de-Calais ainsi qu'aux maires de Calais et Grande-Synthe où vivent des centaines de migrants.

"Comment se laver les mains régulièrement quand le point d’eau le plus proche est à plusieurs centaines de mètres, parfois à des kilomètres, de son lieu de vie ?", "Comment détecter les symptômes du Covid-19 alors que survivant à la rue depuis plusieurs semaines, la santé de ces personnes est déjà extrêmement fragilisée ?", "Comment appeler le 15 sans accès à un téléphone, ou à une prise pour le recharger, en l’absence de lieux de répit ouverts la journée ?", demandent-elles.

Hébergement, accès à l'eau et distribution alimentaire

Pour répondre à ces questions, les associations demandent que "le droit à l’hébergement" ainsi que "le droit à des conditions matérielles de vie décentes" soient "appliqués de toute urgence". 

Cela doit passer selon elles "par l’ouverture de plusieurs lieux d’hébergement inconditionnels", "la mise en place de sites de distribution alimentaire en nombre suffisant pour limiter les regroupements d’un trop grand nombre de personnes", "l’ouverture de dispositifs spécifiques requis dans le cas de la protection des mineurs isolés" ou encore "le déploiement de nombreux points d’accès à l’eau et au savon". En outre, "tout ceci doit s’accompagner d’une information adaptée aux personnes exilées"