Comment sensibiliser les moins de trente ans aux dangers du Covid-19 ?

Depuis cet été, les jeunes adultes sont devenus une cible principale dans la lutte contre le Covid-19, car le virus circule particulièrement dans leur tranche d'âge. "Aujourd'hui à Paris, chez les 20-30 ans, on a plus de 800 cas positifs pour 100.000. Le seuil d'alerte c'est 50", a déclaré Aurélien Rousseau, directeur de l'Agence Régionale de Santé Île-de-France sur BFMTV lundi.
La circulation active du virus chez les jeunes adultes inquiète également dans d'autres régions. Bars, restaurants, soirées... Cette population est celle que l'on retrouve en grande majorité sur les terrasses ou lors d'événements réunissant plusieurs dizaines de personnes. Une centaine de jeunes s'était ainsi réunie sur les quais du Rhône, à Lyon, à la mi-septembre pour faire la fête.
Une population moins à risque
Ce qui inquiète les médecins est moins la contamination au sein de ce groupe d'âge qu'entre les générations, car les plus jeunes ne sont pas les plus à risques. "Il y a un taux d'incidence plus élevé dans la population jeune, de 15 à 45 ans, c'est à peu près la moitié des cas détectés. Ce sont des cas bénins", déclarait en septembre à BFM Lille François-René Pruvot, président de la commission médicale du CHU de Lille, au sujet de la région Nord-Pas-de-Calais.
"Il y a du passage entre les générations, et c'est ça qui est notre préoccupation majeure", a insisté Aurélien Rousseau.
La difficulté semble alors de convaincre et de faire réaliser à cette population qui risque moins qu'elle réprésente un danger pour ses collègues, sa famille, ou ses amis qui pourraient contracter une forme de Covid-19 plus grave. Car s'ils sont moins susceptibles de faire une forme sévère, les cas graves existent bel et bien chez les plus jeunes.
"Il faut créer une application pour eux"
Selon Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré (Hauts-de-Seine), il faut changer la méthode d'approche. L'application StopCovid "ne convient pas à cette cible d'individus de moins de 40 ans. Il faut créer une application pour eux, à la hauteur de ce qu'ils ont, c'est à dire pas de symptômes", déclare-t-il à BFMTV.
"Il faut qu'ils puissent jouer avec, faire de la prévention, inciter au dépistage, gagner des points. À l'extrême on pourrait imaginer qu'ils puissent être rémunérés avec de la publicité, d'autres solutions...", développe l'infectiologue.
Une nouvelle version de l'application doit être lancée fin octobre, comme l'a annoncé Jean Castex lundi, mais les changements devraient être minimes. Toutefois, selon nos informations, la nouvelle version de l'application, se veut "plus interactive", avec pour but de solliciter davantage l'utilisateur.
Des dépistages ciblés
Dans le Grand Est, les tests antigéniques - tests rapides qui vont progressivement être déployés -, devraient être notamment proposés aux plus de 200.000 étudiants de la région avant les vacances de la Toussaint et le retour dans les familles, rapporte France Bleu. Ce dépistage permet de savoir en 30 minutes si on est contaminé ou non, même si on n'a pas de symptôme.
Mi-août, Djillali Annane, chef du service de réanimation de l'hôpital Raymond Poincaré, proposait même sur France Info de rendre le dépistage obligatoire pour les 15-40 ans avant la rentrée au lycée, à l'université, ou même pour le retour au travail.
Début août, Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris), avait proposé dans Le Parisien de laisser les 20-30 ans "se contaminer entre eux, à condition qu'ils ne voient pas leurs parents et leurs grands-parents". Une méthode qui avait été critiquée car ces personnes se rendent aussi à leur travail, où elles peuvent contaminer des collègues à risques.











