Canicule: ce qui a changé depuis la crise de 2003

La tour Eiffel et le soleil - Image d'illustration - JOEL SAGET / AFP
Avec quinze départements toujours placés en vigilance rouge par Météo France, la France entre ce lundi dans son cinquième jour de canicule. Une vague de chaleur exceptionnellement longue, qui rappelle la canicule d'août 2003, qui avait provoqué la mort de 19.000 personnes, majoritairement des personnes âgées.
Après 2003, le gouvernement a pris de nombreuses mesures pour mieux anticiper, agir et communiquer lors de ces crises. A l'époque, la gestion de ce moment par le gouvernement de l'époque et son ministre de la Santé Jean-François Matéi avait été très critiquée.
Parmi les mesures en place depuis cette période, la mise en place du plan canicule mais aussi la création de cette vigilance rouge. De leur côté, les municipalités et collectivités semblent avoir pris de nouveaux réflexes. Malgré tout, plusieurs voix s'élèvent pour déplorer une prise en charge toujours insuffisante des personnes âgées isolées.
"On n’a jamais été aussi prêts par rapport à l’état caniculaire", assurait sur BFMTV Patrick Pelloux, président de l’association des médecins urgentistes de France (Amuf) lors de la canicule en 2019.
Un plan canicule pour une meilleure anticipation
La plus grande mesure qui a été prise après la canicule de 2003 est l'adoption d'un plan canicule. Il comporte quatre niveaux de gravité.
Le niveau 1 ou "veille saisonnière" est est activé automatiquement chaque année du 1er juin au 31 août. Les maisons de retraites, hôpitaux, crèches et autres lieux accueillant des personnes fragiles se préparent à d'éventuelles fortes chaleurs. Le niveau 2 entraîne un renforcement de cette surveillance.
Le niveau 3 correspond à "l'alerte canicule". Il est déclenché localement lorsqu'un département est placé en alerte orange par Météo France. C'est à ce moment là que, localement, les préfectures et municipalités lancent des campagnes de communication pour rappeler les bons gestes à adopter.
Enfin, le niveau 4 correspond à la vigilance météorologique rouge. Une cellule interministérielle de crise (CIC) est alors activée avec tous les ministères concernés. En vigilance rouge, les préfets sont responsables de leur propre gestion de crise. Ils peuvent notamment prendre des mesures comme l'interdiction des rassemblements en extérieur. Les maraudes du SAMU social sont renforcées lors de cette vigilance pour distribuer de l'eau aux personnes les plus précaires et les sans-domicile fixe.
Une meilleure gestion localement
A l'échelle locale, les municipalités et préfectures ont désormais pris l'habitude de proposer, dès le déclenchement de l'alerte canicule, plusieurs mesures pour trouver un peu de fraîcheur. A Paris, par exemple, les habitants peuvent rechercher des lieux de fraîcheur sur une application dédiée, "Extrema Paris" qui recense les 922 "îlots de fraîcheur" permanents ou temporaires. Certains parcs et jardins restent par ailleurs ouverts toute la nuit.
Un registre canicule
2003 a aussi marqué la mise en place des registres canicules, des registres communaux sur lesquels les personnes fragiles, handicapées ou les personnes âgées peuvent s'inscrire. De cette façon, elles peuvent être localisées et contactées lors des vagues de chaleur.
Un numéro vert mis en place par le gouvernement
Cette année a aussi été marquée par la mise en service d'un numéro vert: le 0800 06 66 66, "pour toute question liée à la canicule". Il "permet d'obtenir des conseils pour se protéger et protéger son entourage, en particulier les plus fragiles", a précisé la DGS dans un communiqué.
Une prise en charge insuffisante des personnes âgées
"2003, c'est le traumatisme historique du pays, sa mauvaise conscience vis-à-vis des âgés. A la fin de l'épisode, on a ouvert les portes et découvert, je caricature à peine, 19 000 morts. Aujourd'hui, on maîtrise l'aspect sanitaire: l'hydratation, les pièces rafraîchies… Mais sur l'isolement des plus fragiles, nous n'avons pas tiré toutes les leçons", déplore ce lundi Jérôme Guedj, spécialiste des questions du grand âge, dans Le Parisien, rappelant qu'en France, 1 million de personnes sont isolées.
Il appelle ainsi à lancer "un grand plan national" et à faire évoluer les "registres canicule".
"C'est aux personnes isolées de s'y inscrire. Elles doivent prendre les devants, alors même qu'elles sont isolées! C'est une situation de dingue, où le serpent se mord la queue", explique t-il.











