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Mieux s'alimenter peut augmenter l'espérance de vie de plus de dix ans, selon une étude

BFM Salomé Vincendon , Journaliste BFMTV
Image d'illustration - Des fruits, des légumes et des noix

Image d'illustration - Des fruits, des légumes et des noix - Pixabay

Selon leurs résultats, augmenter la part des légumineuses et des fruits à coque, et arrêter la viande rouge dès l'âge de 20 ans, peut prolonger la vie de plusieurs années.

"On estime que les facteurs de risque liés à l'alimentation causent 11 millions de décès à l'échelle mondiale chaque année", peut-on lire dans une étude publiée mardi dans le journal scientifique PLOS Medecine, relevée par Le Monde. À partir de ce constat, un groupe de chercheurs norvégiens s'est intéressé aux bénéfices que certains aliments peuvent apporter en terme d'espérance de vie.

Et selon leurs conclusions, manger plus sainement peut permettre de gagner plus d'une décennie sur l'espérance de vie.

Les auteurs de l'étude ont travaillé sur des données concernant la Chine, les États-Unis et l'Europe à partir du Global Burden of Disease (GBD). Il s'agit d'un programme de recherches en épidémiologie, avec lequel collaborent 7000 chercheurs dans plus de 200 pays. Il vise à mesurer et à identifier les causes de mortalité dans le monde. Les chercheurs ont voulu, avec cette étude, mettre en avant ce qui pourrait, au contraire, limiter la mortalité due à certains facteurs alimentaires.

Plus de légumineuses et moins de viande rouge

Dans l'étude, les chercheurs mettent en avant un menu "optimal", qui permet, notamment quand il est commencé tôt, de gagner de nombreuses années d'espérance de vie. Il est notamment composé de 225 grammes de céréales complètes (boulgour, riz complet, quinoa...) par jour, de 400 grammes de légumes, autant de fruits, 25 grammes de fruits à coque (noisette, pistache, noix de cajou...) ou encore 200 grammes de légumineuses (lentilles, pois...). La viande rouge, la viande transformée et les sodas sont, eux, totalement bannis.

"Les gains les plus importants au niveau de l'espérance de vie pourraient être réalisés en mangeant plus de légumineuses, de céréales complètes et de fruits à coque, ainsi qu'en mangeant moins de viande rouge et de viande transformée", écrivent les chercheurs.

La consommation de plus de fruits, de poisson et de légumes, a aussi un effet bénéfique, mais pas aussi important que la suppression de viande rouge ou un régime davantage composé de légumineuses.

Plus l'alimentation change jeune, plus les bénéfices sont importants

L'équipe a également envisagé un menu moins drastique, plus proche du type d'alimentation connu actuellement. Les doses de légumineuses, légumes, fruits ou encore de céréales complètes sont un peu abaissées, celles des produits laitiers et des viandes sont augmentées. Les résultats obtenus restent toutefois très bénéfiques pour le consommateur.

Ainsi, un homme européen se mettant à suivre ce menu moins rigoureux dès l'âge de 20 ans verrait son espérance de vie progresser de 7,6 ans (13,7 ans avec le menu optimal), une femme de 5,9 ans (contre 10,4 ans). Le bénéfice apporté par ces changements alimentaires décroit à mesure qu'il est enclenché tard, mais peut tout de même apporter des bénéfices à un âge avancé selon les chercheurs.

Espérance de vie chez les hommes et les femmes aux Etats-Unis, en Chine et en Europe selon différents régimes alimentaires
Espérance de vie chez les hommes et les femmes aux Etats-Unis, en Chine et en Europe selon différents régimes alimentaires © PLOS Medecine

Passer au régime optimal à l'âge de 40 ans peut ainsi permettre un gain de 12,3 ans chez les hommes, de 9,8 ans chez les femmes. À 60 ans ce gain descend à 9,1 et 8,1 années.

"Faire des choix alimentaires éclairés"

Il faut toutefois noter que ces résultats viennent de données émanant des États-Unis, de la Chine et de l'Europe, dont les régimes alimentaires et les conditions de vie peuvent largement différer d'autres pays et régions du monde.

"Les résultats ne seraient probablement pas comparables dans des pays où il y a, par exemple, plus de maladies infectieuses", explique ainsi au Monde Lars Thore Fadnes, professeur à l’école de santé publique de l’université de Bergen (Norvège) et premier auteur de l’étude. Il ajoute que "dans les pays où l’insécurité alimentaire est forte, il ne s’agit pas tant de diminuer telle catégorie d’aliments que d’augmenter les rations".

Les chercheurs précisent aussi que les résultats de l'étude ne sont pas "une prévision individualisée". En somme, il n'est pas certain de gagner 10 ans d'espérance de vie en se mettant tout de suite au régime optimal. Cette étude a plutôt pour but d'étayer les bienfaits de certains produits sur la santé, et les dommages d'autres.

Ces résultats sont "essentiels pour faire des choix alimentaires éclairés à tous les niveaux, des individus aux décideurs" des politiques publiques, écrivent les auteurs.