Viguier évoque une "mauvaise rencontre" faite par Suzy

Jacques Viguier a évoqué mardi l'hypothèse d'une "mauvaise rencontre" pour expliquer la disparition de sa femme, Suzanne, au onzième jour de son procès en appel devant la cour d'assises du Tarn. /Photo d'archives/REUTERS - -
par Nicolas Fichot
ALBI, Tarn (Reuters) - Jacques Viguier a évoqué mardi l'hypothèse d'une "mauvaise rencontre" pour expliquer la disparition de sa femme, Suzanne, au onzième jour de son procès en appel devant la cour d'assises du Tarn.
Interrogé par un avocat des parties civiles, l'accusé a réaffirmé avec force qu'il n'y avait ni éléments, ni preuves contre lui, le corps de son épouse n'ayant jamais été retrouvé.
"Depuis le début, dans cette affaire, on parle d'intuitions, d'impressions des policiers. Mais à chaque fois qu'ils dressent un scénario, tout s'effondre", a-t-il avancé.
Ce professeur de droit, jugé en appel pour la disparition restée mystérieuse de sa femme, le 27 février 2000 à Toulouse, avait été acquitté en première instance le 30 avril 2009.
Me Francis Spizner, défenseur des soeurs de la victime, lui demandant mardi ce qui avait pu arriver à son épouse, Jacques Viguier a répondu: "La fugue, je n'y ai pas cru. Le suicide non plus. Selon moi, Suzy aura fait une mauvaise rencontre, peut-être."
Me Spizner a alors demandé au commissaire Robert Saby, un des responsables de l'enquête venu témoigner, ce qu'il pensait de cette hypothèse.
"Une mauvaise rencontre ? Non, nous n'y avons pas cru très rapidement", a répondu le policier.
Robert Saby a expliqué que l'accusé avait affirmé que sa femme était rentrée dans la nuit au domicile conjugal et que personne n'était ensuite entré dans la maison.
"Elle ne serait pas sortie faire une mauvaise rencontre en pyjama. Nous avons tout vérifié. Franchement, ça ne tient pas", a-t-il dit.
DEUX PISTES POSSIBLES
Le commissaire a ajouté que l'hypothèse d'un suicide ou d'une fugue ne tenait pas non plus: "Nous avons fermé toutes les autres portes dans cette enquête. A chaque fois, tout nous ramenait vers Jacques Viguier et vers les difficultés que connaissait ce couple".
Selon lui, ne restaient que "deux pistes possibles: le mari et l'amant".
Mais Robert Saby a souligné que les enquêteurs avaient rapidement abandonné la piste de l'amant, Olivier Durandet, qui "ne nous mentait jamais et cherchait à retrouver Suzy, sincèrement. Tout le contraire exactement de Jacques Viguier."
Le commissaire a alors redit sa conviction que ce matin-là, le couple s'était querellé.
"Elle voulait divorcer. Lui, non. Elle avait rendez-vous avec son avocat le lendemain. Ça se passe dans la chambre de Suzy. Les enfants sont partis, ils se battent. Jacques Viguier s'emballe, ça tourne mal, a-t-il dit.
"Il y avait deux pistes principales, le mari et l'amant. Mais très vite, c'est la piste du mari qui a été privilégiée. Il nous cachait trop de choses, et trop d'éléments matériels l'accablaient alors que tout ce que disait l'amant était vérifiable", a-t-il insisté.
Édité par Gérard Bon












