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UMP : une primaire déjà contestée

BFM Véronique Jacquier
Les Coulisses de la Politique par Véronique Jacquier

Les Coulisses de la Politique par Véronique Jacquier - -

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Nous sommes à un an des élections municipales et ça y est, l'UMP donne le coup d'envoi de ses primaires pour reconquérir Paris. Premier tour : du 31 mai au 3 juin. Mais sitôt lancée, cette primaire est déjà contestée par trois candidats.

En coulisse, vous avez trois candidats sur les six déclarés - Rachida Dati, et les beaucoup moins médiatiques Jean-François Legaret et Pierre-Yves Bournazel - qui critiquent l'organisation de cette primaire. Ils parlent d'opacité, de complexité, se plaignent de ne pas avoir été consulté... Bref, ça ne vous rappelle pas quelque chose ? Le fiasco de la présidence de l'UMP en novembre bien sûr ! Et comme par hasard, qui est à la manœuvre ? Dati, Legaret et Bournazel sont des proches de Jean-François Copé. Pourquoi mettre la pagaille ? Pour affaiblir l'aura de la favorite de cette primaire, Nathalie Kosciusko-Morizet. Bonjour l'ambiance. La droite parisienne renoue avec ses vieux démons.

Mais n'ont-ils pas mis en place un système pour éviter les erreurs de l'élection de novembre dernier ?

Pour la présidence de l'UMP, il y avait la fameuse Cocoe. Là, nous avons un Conseil supérieur des primaires, présidé par Antoine Rufenacht, un proche de Jacques Chirac. Et c'est là que le bas blesse pour nos trois contestataires : ils soupçonnent Rufenacht d'être acquis à la cause de NKM. La députée de l'Essonne a été un bébé chiraquien. Et puis nos trois frondeurs contestent aussi l'organisation du scrutin. Pourtant, tout a été fait pour éviter un psychodrame. C'est une primaire ouverte, tous les parisiens peuvent voter moyennant un coût de 3 euros pour financer l'opération, le scrutin est électronique... Mais attention, ce n'est pas si simple : il faut s'inscrire et donc voir sa carte bancaire débitée de trois euros dans une machine installée dans un bureau de Poste. Ensuite vous recevez par Internet votre identifiant et pour ceux qui n'ont pas Internet, une dizaine de bureaux de vote seront installés dans Paris.

Mais quand on voit que l'élection est déjà contestée par trois candidats sur six, ne fallait-il pas éviter de faire cette primaire ? Si NKM s'impose comme le montrent plusieurs sondages...

C'est la question que j'ai posé à Nathalie Kosciusko-Morizet. Juste avant que l'organisation ne soit contestée, et elle était très confiante. Elle aime l'idée d'une primaire, processus démocratique par excellence, mais elle prend un risque : qu'il n'y ait pas beaucoup de votants, par exemple 30 000. L'UMP en attend 50 000, ce n’est pas grand-chose. Mais la primaire permet à celui qui gagne de s'imposer au sein de la droite parisienne. Ainsi, NKM compte bien calmer les ambitions de Rachida Dati et parler d'égal à égal avec Jean-François Copé, le président de l'UMP. Mais parti comme c'est parti, sa bataille de Paris est loin d'être gagnée.

Pour écouter les Coulisses de la Politique de Véronique Jacquier du vendredi 15 mars cliquez-ici