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Trop de candidats à l’UMP, pas assez au PS

BFM Hervé Gattegno
Le Parti Pris d'Hervé Gattegno, du lundi au vendredi à 8h20 sur RMC

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Les deux principaux partis politiques français, le PS et l’UMP, sont en campagne interne pour désigner leur chef. Les critiques montent, des deux côtés, contre le système de désignation.

Il faut d’abord se réjouir que la pratique démocratique a fait tellement de progrès en France qu’elle a fini par s’imposer même à l’intérieur des partis politiques ! La culture des primaires a gagné peu à peu ; les militants ont obtenu un vrai pouvoir de décision sur des appareils qui ont souvent été régis par des règles dictatoriales – avec plébiscites et culte de la personnalité. Cela dit, le PS et l’UMP, de ce point de vue, sont en pleine régression. Les tensions entre les personnes sont inévitables – les hautes ambitions n’excluent pas les coups bas. Le problème, c’est l’escamotage du débat de fond : par l’autoritarisme au PS, par l’anarchie à l’UMP.

Vous voulez dire que ces élections internes ne sont pas aussi démocratiques ni transparentes qu’elles en ont l’air ?

Je ne dirai pas – comme un éminent président de région – que la succession de M. Aubry évoque « le temps de l’URSS », mais il y a bien quelque chose d’ubuesque dans la vraie-fausse campagne du PS. Dans cette pseudo élection, il n’y a que les candidats qui sont transparents. Incolores et sans saveur, H. Désir et JC. Cambadélis ne postulent qu’à un emploi de fondé de pouvoir. Ils devront être à la fois commodes pour F. Hollande et soumis à M. Aubry – dont le seul vrai point d’accord est d’empêcher toute discussion interne sur la politique du gouvernement. La transmission du pouvoir par celui qui le détient et lui seul, ça ressemble plus à l’autocratie qu’à la démocratie…

A l’UMP, c’est le contraire : il y a tous les jours ou presque un nouveau candidat. Pourquoi pensez-vous que ce n’est pas démocratique non plus ?

On est tenté de dire que « trop de démocratie interne nuit à la démocratie interne ». Le débat est étouffé aussi, mais sous le nombre. Mis à part JF. Copé et F. Fillon, les candidats déclarés sont surtout des candidats… au ralliement. La plupart savent qu’ils n’auront pas les 8000 parrainages nécessaires. Donc ils ont tous un calcul en tête et un demi-plan de carrière d’ici à 2017. Le problème, c’est que la vénération obligatoire envers N. Sarkozy et l’obsession de ne pas entériner des divisions idéologiques empêchent l’UMP de trancher les désaccords qui la traversent – sur l’Europe, la fiscalité, l’immigration… Du coup, le trop-plein des candidatures cache (mal) le vide de la pensée politique.

En définitive, est-ce que ces élections internes ont une vraie importance ? Est-ce que leurs résultats auront une influence ?

Au PS, à peu près aucune ; le nouveau premier secrétaire sera plutôt un 3è assistant. A l’UMP, sans aucun doute. Parce que c’est le processus de sélection du challenger pour 2017 qui commence – il y aura d’autres manches. Pour être honnête, c’est d’ailleurs la seule raison de s’y intéresser.

Pour écouter Le Parti Pris d'Hervé Gattegno de ce mercredi 5 septembre, cliquez ici.