Thévenoud reste député, "ça reste en travers de la gorge"

Thomas Thévenoud à la sortie du conseil des ministres, le 27 août 2014. - Bertrand Guay - AFP
Si Thomas Thévenoud espérait étouffer sa "négligence" dans son paiement des impôts en démissionnant, c'est raté. Mardi, c'est la décision de l'ancien secrétaire d'Etat de rester député, malgré son départ du gouvernement, qui fait du bruit. Et afflige l'ensemble de la classe politique.
A commencer par les membres du gouvernement, qui ne cachent pas leur lassitude. "C'est à lui de voir ce qu'il doit faire en se regardant dans la glace, c'est vrai que c'est un peu dur à avaler", lance sur iTélé la ministre de la Santé, Marisol Touraine, qui regrette toutefois les "proportions" prises par cette affaire.
Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, s'agace sur France Info, au point d'en avoir oublié ses éléments de langage habituels. "D'avoir accepté de rentrer au gouvernement et de ne pas avoir déclaré d'impôts pendant trois ans... Comment ils font? Comment cela ne leur pose pas de problème au niveau du vécu? Cela me reste au travers de la gorge", lance-t-il, comme abasourdi.
"Ca nourrit le 'tous pourris' ", déplore Apparu
A gauche comme à droite, hors du gouvernement, chacun déplore cette décision. L'ex-EELV mais toujours écologiste Noël Mamère dénonce "une ambiguïté qui tue. En quelque sorte, le PS joue la politique de Ponce Pilate en disant: 'tu n'es plus au parti, mais nous avons besoin de ton vote'".
"Ca nourrit le 'tous pourris', avec des conséquences ravageuses pour la gauche et la droite", selon l'UMP Benoist Apparu. La droite réclame mardi une enquête fiscale pour déterminer s'il y a eu fraude de la part de Thomas Thévenoud.
De son côté, Florian Philippot déplore un comportement "moralement condamnable". "Il aurait dû bien sûr quitter son poste à l'Assemblée, par respect pour lui-même et pour la fonction parlementaire", ajoute le vice-président du FN sur BFMTV.
Resté neuf jours seulement au gouvernement, Thomas Thévenoud ne doit pas respecter le mois de carence habituel avant de reprendre ses fonctions de député. Il pourrait donc siéger de nouveau dès mercredi, pour la reprise des questions au gouvernement.












