SNCF: pour Juppé la réforme doit se faire

Alain Juppé, favorable à une réforme de la SNCF - Martin Bureau - AFP
L'ancien Premier ministre Alain Juppé a estimé ce lundi que la SNCF "ne pouvait pas rester en l'état" et que la réforme engagée par le gouvernement "devait se faire".
"L'ouverture à la concurrence, c'est un engagement que nous avons pris, et il sera très vraisemblablement bénéfique pour les usagers", a-t-il fait valoir sur Public Sénat, en évoquant la privatisation de France Télécom qui a amené à "une baisse des prix pour le consommateur".
L'ouverture à la concurrence de la SNCF sera aussi "positive" pour le fret ferroviaire, que la SNCF est "incapable de développer", selon lui.
Statut de droit privé pour les cheminots
En outre, les "conditions de travail des cheminots ne sont plus ce qu'elles étaient il y a 20 ou 30 ans, et donc l'idée progressivement d'aller vers un statut de droit privé me paraît une bonne réforme", a estimé l'ancien Premier ministre, à l'origine d'une première tentative de réforme à la SNCF en 1995 qui avait provoqué plusieurs semaines de grève.
Alain Juppé a admis n'avoir "pas tenu" en 1995-96 sa promesse de réformer les régimes spéciaux de retraite dans la SNCF. Cette réforme, "qui n'était pas prête et que j'avais eu l'imprudence d'annoncer prématurément, je ne l'ai pas tenue et que je constate qu'elle n'est toujours pas faite".
Sur l'actuelle réforme lancée par le gouvernement, "il va falloir discuter et il y a encore du grain à moudre sur bien des aspects mais cette réforme doit se faire", a-t-il insisté.
Les ordonnances, un moyen d'avancer
Alain Juppé a estimé que le Premier ministre Edouard Philippe, qui a été un de ses principaux collaborateurs, avait "la détermination d'y aller" et qu'une "grande partie de l'opinion publique a compris qu'on ne pouvait pas en rester au statu quo".
Le recours aux ordonnances, une méthode contestée par les syndicats qui ont prévu de manifester lors des prochains mois, est "une méthode parfaitement constitutionnelle" car "le parlement n'est pas complètement mis à l'écart".
"C'est une méthode qui peut être utile, il ne faut pas la généraliser naturellement. Mais dans ce cas précis, c'est sans doute le moyen d'avancer", a soutenu Alain Juppé.












