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Sérillon arrive, mais pour quoi faire ?

BFM Jean-François Achilli
Les Coulisses de la Politique, de Jean-François Achilli, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC

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Une personnalité du petit écran fait son entrée à l’Elysée, pour s’occuper de la communication du président : Claude Sérillon. Mais pour quoi ?

Tout le monde connait Claude Sérillon, ancien présentateur vedette du JT de France 2 en 1986 pendant un an, puis en 1998, jusqu’à son éviction en 2001. Ce journaliste âgé de 62 ans aujourd’hui réputé indépendant est revenu à la lumière sur le canapé de Michel Drucker, dans Vivement Dimanche, en y présentant une chronique littéraire et cinéma. Mais le vrai Sérillon s’est récemment illustré en intégrant l’équipe de campagne du candidat François Hollande, en l’aidant notamment à préparer le débat d’entre-deux tours face à Nicolas Sarkozy.
L’ex-journaliste vedette de la 2 était au côté du président dans son bureau, lundi, avant l’enregistrement de ses vœux télévisés, selon une indiscrétion de France Inter, qui a relancé les spéculations autour de sa venue. Sa nomination à l’Elysée comme conseiller spécial en communication devrait être confirmée aujourd’hui ou demain, indiquait hier soir l’entourage présidentiel.

Mais quel rôle va-t-il jouer, et qu’est-ce que ça va changer à l’Elysée ?

Il faut savoir que les deux hommes sont amis dans la vraie vie, et que François Hollande lui fait entièrement confiance. Le président souhaite sa présence en permanence, et non plus en pointillés comme cela a été le cas jusque-là.
Claude Sérillon ne sera pas, à proprement parler, le nouveau Franck Louvrier, l’ex-patron de la com élyséenne de Nicolas Sarkozy, qui occupait jadis un rôle central : c’était lui que la presse appelait, c’était lui qui répondait tous les sujets, parce qu’il était en lien direct et permanent avec le chef de l’Etat.
La comparaison s’arrête là. Claude Sérillon n’a d’en commun avec Louvrier que leur origine, ils viennent tous les deux de la ville de Nantes. Ce qui permettra d’ailleurs d’arrondir les angles avec Matignon, Claude Sérillon étant aussi une vieille connaissance de Jean-Marc Ayrault, ex-député-maire de Nantes. Mais le rôle de Sérillon sera celui d’un homme de l’ombre, qui sera là pour faire de la prospective, pour réfléchir, corriger l’image de François Hollande. Il ne sera pas en contact avec la presse.

C’est là que le système connait des ratés, depuis l’élection de François Hollande ?

L’Elysée a effectivement un vrai souci de communication, qui n’est pas lié aux talents des collaborateurs du président, mais au découpage de leur périmètre et à leurs attributions.
Christian Gravel, ancien directeur de cabinet de Manuel Valls à Evry, a succédé à Franck Louvrier, il répond aux journalistes, sur la logistique mais pas sur le fond des dossiers. Cette tâche est dévolue à Aquilino Morelle, ex-directeur de la campagne d’Arnaud Montebourg pour la primaire socialiste, devenu la plume de François Hollande, qui explique la politique gouvernementale mais ne gère pas l’opérationnel.

Résultat : une communication diluée…

…Qui nuit à l’efficacité présidentielle. Cela donne un chef de l’Etat en visite avant-hier aux urgences de l’hôpital de Lariboisière, qui décrypte lui-même ses vœux télévisés aux journalistes qui l’accompagnent. François Hollande a choisi ce fonctionnement par cercles de décisions, par strates, dans lequel il n’est pas facile de se retrouver. La venue de Claude Sérillon, telle qu’elle est envisagée, si elle apportera un plus indéniable au président, ne devrait pas améliorer- en l’état - un système trop complexe pour être réellement efficace.

Ecoutez ici les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli de ce vendredi 21 décembre.