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Sapin : « Augmenter les cotisations sur les CDD et les diminuer sur les CDI »

BFM La Rédaction
Michel Sapin sur RMC et BFMTV

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Invité ce vendredi sur RMC et BFMTV, Michel Sapin a parlé flexibilité du travail et compétitivité. Le ministre du Travail a proposé de plus taxer les contrats précaires et favoriser les CDI.

Ce vendredi matin sur RMC et BFMTV, le ministre du Travail Michel Sapin est revenu sur le thème au cœur de toutes les discussions entre syndicats et patronat depuis des semaines : la compétitivité. « Il faut s’adapter », a-t-il reconnu, en précisant que les choses devaient être encadrées. « Flexibilité, ça veut dire, souvent, qu’il faut que le salarié se plie. Or, la question est de savoir si l’entreprise peut aussi s’adapter et dans quelles conditions elle peut le faire. C’est un équilibre, c’est un vrai compromis social ». Le ministre du Travail a aussi appelé à plus utiliser le chômage partiel et en « faciliter l’utilisation, comme en Allemagne ». Une mesure qui ne se ferait toutefois pas sans contrepartie : « Pendant une période où l’entreprise travaille moins, c’est le bon moment pour que les salariés suivent une formation. On peut être plus souple pour l’entreprise et donner un avenir aux salariés ».

« Pénaliser une utilisation abusive des CDD »

L’avenir, l’objectif, pour beaucoup, c’est le CDI, le fameux Contrat à durée indéterminée. Michel Sapin reconnait qu’il est souvent difficile à obtenir : « La réalité, c’est qu’un jeune qui arrive sur le marché du travail, il n’y en a pas un sur 5 qui arrive en CDI. Il faut attendre 28 ans pour que la moitié des jeunes soit en CDI. C’est une insécurité pour les salariés ».
Le ministre du Travail propose donc de « pénaliser une utilisation abusive des CDD ». « Il y a plein de chômeurs qui sortent d’un CDD ou de l’intérim et ça coute très cher à la société. On pourrait augmenter les cotisations chômage sur les CDD et les diminuer sur les CDI. Il y aurait un avantage à embaucher en CDI », a-t-il proposé. Il se donne jusqu’à « la fin de l’année » pour trouver un accord. « De toute façon il y aura une loi. Nous réformons en profondeur le code du travail pour qu’il soit moderne, c’est donner des capacités d’adaptation et de la sécurité ».

« On ne peut pas demander les mêmes efforts à tout le monde »

Sur la question de la CSG, Michel Sapin affirme qu’il « n’est pas question d’augmenter la CSG pour combler un trou, pour boucher le déficit de l’Etat. La seule question qui est posée, c’est : "Est-ce que le financement de la sécurité sociale doit reposer sur les salaires ?" C’est pour ça qu’il faut peser sur le capital. Et l’avantage de la CSG, c’est qu’elle pèse sur tous les revenus ». Une des raisons avancées pour proposer « que les retraités les plus aisés aient le même taux de CSG que les actifs. Mais on ne peut pas demander les mêmes efforts à tout le monde », a-t-il précisé.