Rythmes scolaires : les grévistes demandent le report de la réforme

Les syndicats misent sur 6 à 8 enseignants sur 10 en grève, le ministère sur un tiers. - -
Ils seront 6 sur 10 en grève ce mardi selon le principal syndicat du primaire, le SNUipp-FSU, et même 8 sur 10 à Paris. Seulement un sur trois, prévoit le ministère de l’Education. Ce mardi, les enseignants vont protester contre la réforme des rythmes scolaires, un « bricolage » qu’ils veulent repousser à la rentrée 2014. La réforme, qui prévoit le rétablissement de la semaine de quatre jours et demi, demande aussi la mise en place d'activités périscolaires dans le temps dégagé. Or beaucoup d’enseignant et de maires de communes estiment qu’ils ne disposent pas d’assez de moyens pour mettre en place ces activités périscolaires. L’aide proposée par l’Etat, 90 euros par enfants en 2013 et 45 euros en 2014, est jugée insuffisante.
« Nous serons au-delà des 500 000 euros annuels »
Pour Roger Didier, maire de Gap, ancien radical de gauche, il est donc urgent d’attendre. « Je suis favorable au report de la réforme pour faire en sorte qu’on puisse mieux se préparer. Est-ce qu’il va falloir garder les enfants à la cantine le mercredi, par exemple ? Est-ce qu’il va falloir orienter vers des éducateurs ? Le coût par élève se monterait à 152 euros. Nous serons au-delà des 500 000 euros annuels. La collectivité devra pratiquement augmenter sa fiscalité de deux points. Cette réforme est une réforme précipitée ».
« Urgent de redonner de bonnes conditions d’apprentissage »
George Pau-Langevin, ministre déléguée chargée de la Réussite éducative, considère pourtant que les municipalités ont largement le temps de s’organiser. « Nous avons jusqu’au mois de septembre prochain. Je ne veux pas croire que dans un pays développé comme le nôtre, il soit impossible de modifier des horaires et recruter pour pouvoir faire du périscolaire en quasiment six mois de temps. Les enfants en France travaillent environ 144 jours alors que les autres écoliers en Europe travaillent 180 jours. Ils ont de plus en plus de mal avec la lecture, il me semble urgent de leur redonner de bonnes conditions d’apprentissage ».












