« Racisme anti-blanc » : Copé accusé de récupération

Dans son dernier livre, Jean-François Copé dénonce le "racisme anti-blanc" - -
Jean-François Copé entendait « briser un tabou » en évoquant dans son livre un « racisme anti-blanc ». Il a en tout cas réussi à provoquer de nombreuses réactions dans toute la classe politique. Dans son « Manifeste pour une droite décomplexée » à paraître le 3 octobre (Fayard), il écrit qu'« un racisme anti-blanc se développe dans les quartiers de nos villes où des individus - dont certains ont la nationalité française - méprisent des Français qualifiés de 'gaulois' au prétexte qu'ils n'ont pas la même religion, la même couleur de peau ou les mêmes origines qu'eux ».
« Encourageant » selon Florian Philippot
Le Front national n’a pas tardé à réagir. « C'est du Copé-coller », a ironisé mercredi Marine Le Pen. « Je dis à M. Copé, où est votre sincérité, je dis à M. Copé qu'il a multiplié le cynisme depuis des mois », a poursuivi Marine Le Pen. Florian Philippot, le vice-président du FN, juge, lui, que c’est « encourageant », « parce que ça prouve que les adhérents de l’UMP sont beaucoup plus sur notre ligne. Ces adhérents se rendront très vite compte que ça n’est suivi d’aucun acte concret, donc très vite ils franchiront la porte du Rassemblement Bleu Marine ».
« Lien entre la droite et l’extrême droite »
A gauche, le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon a accusé Jean-François Copé de faire « le lien entre la droite et l’extrême droite » tandis que François Rebsamen, président du groupe socialiste au Sénat, s’est dit « surpris », estimant que Jean-François Copé avait « dérapé ». Jean-Luc Mélenchon a, lui, qualifié le candidat à la présidence de l’UMP de « réactionnaire », estimant qu’il s’agissait de « la reprise pure et simple de l’argumentaire de l’extrême droite ». Harlem Désir, futur patron du PS, a tweeté que « Copé hésite entre sosie de Sarkozy et perroquet de Marine Le Pen. Il fait l'alliance dans les têtes pour préparer l'alliance dans les faits ».
Fillon n'est pas choqué
A l’UMP, François Fillon a tenté de tempérer la polémique. « Cela ne me choque pas. Le FN n'est propriétaire de rien. Il décrit une situation qui est réelle », a-t-il déclaré. Christian Estrosi, le député-maire de Nice a pris ses distances avec Jean-François Copé : « Le racisme, c'est le racisme en général, et notre responsabilité, à mon sens, c'est de rappeler en permanence (...), dans notre lutte contre le racisme, quelles sont les valeurs de la République française. Et ce n'est pas d'attiser les sentiments des uns et des autres », a-t-il déclaré.
« Je crois que l’UMP a toujours tort lorsqu’elle essaie de draguer sur les terres du Front national en essayant de faire passer une anecdote pour une réalité que ne constate aucun Français de bonne foi », a estimé Yves Jégo, député de Seine-et-Marne et ancien membre de l'UMP.












