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Propos sur Cuba: Macron ménage Royal et ne condamne pas Castro

BFM Charlie Vandekerkhove
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Le candidat à la présidentielle était l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce jeudi. ll a refusé de commenter ou de condamner les propos polémiques de Ségolène Royal.

Interrogé sur les propos de Ségolène Royal sur Cuba, qui ont provoqué un tollé dans l'opinion et ont été condamnés par une large audience dans l'éventail politique, Emmanuel Macron a joué la carte du "pas de commentaire". Invité de Jean-Jacques Bourdin ce jeudi sur RMC et BFMTV, le candidat à la présidentielle a refusé de prendre position, préférant plutôt tourner autour du sujet. A-t-il été choqué par les propos de Ségolène Royal?

"Je vais pas commenter des commentaires, Ségolène Royal était dans un contexte, je n’ai pas écouté - parce que j’étais aux Etats-Unis - exactement ce qu’elle a dit", s'est d'abord justifié Emmanuel Macron.

"Je ne suis pas un censeur"

Sur le fond, sur la question des droits de l'homme et de l'existence de prisonniers politiques à Cuba, le candidat s'est quelque peu emmêlé les pinceaux quand il a tenté d'aborder la question.

"Je pense que il y a un romantisme révolutionnaire surtout vu de Paris, il y a aussi un droit d’inventaire résolument, parce qu’il ne faut pas faire d’angélisme. La castrisme a été un moment de libération…" a-t-il déclaré, sans finir sa phrase.

Condamne-t-il ces propos?

"Je ne suis pas un censeur. Je ne les aurais pas tenus", concède-t-il cependant, montrant qu'il a donc tout de même une idée de leur teneur. 

"Quand on demande des listes de prisonniers, on n'en a pas"

Lors de sa visite sur l'île à l'occasion des funérailles de Fidel Castro, la ministre de l'Ecologie a défendu le bilan de l'ancien leader. 

"Il y a toujours du positif et du négatif dans les histoires, mais certains ne vont pas se rhabiller à bon compte au nom des droits de l'homme alors qu'on sait qu'ici, quand on demande des listes de prisonniers politiques, on n'en a pas. Et bien fournissez-moi des listes de prisonniers politiques, à ce moment-là on pourra faire quelque chose", a-t-elle déclaré.

"Donc il faut savoir regarder les choses positivement même si ça dérange", a-t-elle ajouté, estimant que "la France n'a pas à donner de leçon" à Cuba.

Le "donnez-moi la liste" de Raul Castro

Ses propos sur la liste des prisonniers politiques ne sont pas sans rappeler ceux de Raul Castro lui-même. En mars 2016, lors d'une conférence de presse avec Barack Obama à l'occasion de la venue sur l'île du président américain, le frère et successeur de Fidel Castro a évoqué la fameuse liste, lors d'une séquence surréaliste. 

Interrogé sur l'existence de prisonniers politiques à Cuba, il avait d'abord répondu, irrité: "S'il y a des prisonniers politiques? Donnez-moi la liste! Si vous donnez une liste, je les libère avant ce soir!". Avant d'ajouter: "On ne peut pas politiser la question des droits de l'homme, ce n'est pas correct". En guise de conclusion, il avait réitéré son appel: "Donnez-moi le nom d’un seul prisonnier politique!" Des dizaines de mains s'étaient alors levées dans l'assemblée. Raul Castro avait levé les bras à son tour, mais cette fois au ciel, avant de décréter la fin de la conférence de presse.

"Arrestations et détentions arbitraires"

Dans son rapport annuel sur Cuba pour l'année 2015/2016, l'organisation Amnesty international dresse un constat sans appel:

"Malgré l'amélioration progressive des relations diplomatiques du pays, les libertés d’expression, d’association et de circulation continuaient d’être soumises à des restrictions draconiennes. Plusieurs milliers de cas de harcèlement à l’égard de détracteurs du régime, d’arrestations et de détentions arbitraires ont été signalés.", précise Amnesty.

Mercredi, à l'Assemblée, Ségolène Royal a une nouvelle fois été huée, mais au sens littéral, en déclarant que Cuba n'était "pas une dictature". Cuba "reçoit 4 millions de visiteurs, de touristes, chaque année. Vous n'allez pas me dire que 4 millions de personnes se rendent dans une dictature (...) ce n'est pas vrai !", a-t-elle déclaré.