Pierre Charon (UMP) : « Il fallait pas l’attaquer, Depardieu »

Les Coulisses de la Politique, de Jean-François Achilli, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC - -
C’est à croire que Jean-Claude, le petit voyou des Valseuses de Bertrand Blier, s’est associé au Raspoutine de Josée Dayan afin d’occuper tout l’espace médiatique et pourrir la communication gouvernementale. Vous attendiez notre Obélix national à Néchin, le voilà à Sotchi. Vous croyiez qu’il va s’installer en Mordovie, région improbable qui rappelle la Syldavie de Hergé, le voilà attendu à Zurich pour le Ballon d’or. Il ne se passe plus un jour sans que le film Depardieu-outragé, avec en creux le débat fiscal français, ne se déroule sous nos yeux, hors normes, à l’image de son principal interprète !
Trop, c’est trop, et la classe politique hexagonale se divise…
Les pour et les contre: grosso modo la droite, qui soutient Gégé Depardieu et fustige le matraquage fiscal du gouvernement qui ferait fuir les riches, contre la gauche qui critique l’exil fiscal de l’acteur et estime que les plus hauts revenus doivent faire preuve d’une plus grande solidarité par ces temps de crise.
Le sénateur UMP Pierre Charon, un proche de Nicolas Sarkozy et ami de Christian Clavier, vice-président des amitiés France Russie au Sénat, vient d’écrire à Gérard Depardieu, pour lui apporter son soutien : « Je lui ai envoyé un petit message de sympathie parce que je le connais bien, pour lui dire qu’il ne fallait pas qu’il se fasse de souci à la lecture de ce qu’il voyait, ou surtout de ce qu’il entendait. Tout le monde a été ébahi tout d’abord de la bêtise d’Ayrault. Je lui ai dit que je l’encourageais, que les Français l’adoraient. Depardieu, qui a quasiment le même âge que moi, c’est toute mon histoire, aussi cinématographique, depuis Les Valseuses jusqu’à maintenant. Je suis allé le voir sur plusieurs films, dont Napoléon, c’est un grand comédien. Vous savez, quand un gouvernement commence à fracasser ses propres artistes ou comédiens, c’est très mauvais signe pour la suite. Il ne fallait pas l’attaquer Depardieu. Quand il se casse la gueule en scooter, on le déplore. Il a eu des drames personnels dans la vie, que personne ne pourrait supporter. Donc, je crois qu’il Il faut lui foutre la paix, à Depardieu qui est un grand Monsieur ».
Il faut rappeler que Gérard Depardieu avait déclaré sa flamme à Nicolas Sarkozy, son « nouvel ami », lors du meeting de Villepinte en mars dernier.
Au gouvernement, la série à suspense commence à énerver tout le monde.
Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement, invitée de BFMTV dimanche, dans l’after RMC, a tenté de minimiser la portée du phénomène Depardieu, en évoquant une dimension personnelle dans la décision de l’acteur de quitter la France.
Et pourtant, Depardieu, humilié par un mot - « minable » - lâché par le Premier ministre, va aller jusqu’au bout, croit savoir un proche de Nicolas Sarkozy, qui a souvent croisé l’acteur par le passé. Gérard Depardieu reste un acteur populaire, aimé ou détesté, sa colère rejaillit sur le gouvernement, sur le pays et fabrique de la division. Qui vient s’ajouter au débat clivant sur le mariage pour tous, qui réveille la vieille opposition entre école publique et école privée. Le cas Depardieu, devenu un temps premier opposant de France, est un caillou dans la chaussure de François Hollande qui a fait toute sa campagne sur sa volonté de ne pas diviser les Français.
Ecoutez ici les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli de ce lundi 7 janvier












