Une Française "admirable" enlevée en Centrafrique

Laurent Fabius a décrit Thérèse Priest comme une "femme admirable", - Martin Bureau - AFP
"Qui connaît ici Thérèse Priest?", a demandé mardi en préambule de son intervention à l'Assemblée nationale le député Michel Voisin. Il s'agit de l'humanitaire française enlevée lundi en Centrafrique, dont l'identité avait été gardée secrète les premières heures après sa disparition.
Le député UMP qui connaissait personnellement cette femme de 67 ans a fait part de la grande "émotion" et "du souci énorme", occasionnés par sa disparition.
Michel Voisin a retracé brièvement le parcours de cette retraitée qui avait créé la petite ONG Imohoro avec son mari et qui avait même réussi à "entraîner avec elle" le médecin du coin qui passait ses vacances à vacciner des Centrafricains. "Cela nous révolte tous", a-t-il ajouté.
Une "femme admirable"
Laurent Fabius a décrit cette ancienne éducatrice spécialisée comme une "femme admirable", qui a "consacré sa vie aux services des autres". "Cette femme, son mari et beaucoup d'autres ont donné le meilleur de leur vie pour le bien des Centrafricains", a ajouté le ministre des Affaires étrangères.
Thérèse Priest et un employé local de l'ONG médicale catholique CODIS (Coordination Diocésaine de la Santé) circulaient à bord d'un 4x4, qui transportait des médicaments, lorsqu'ils ont été braqués lundi matin dans le centre de Bangui par quatre miliciens chrétiens anti-balaka.
Exceptionnellement, cette fois-ci, elle était partie sans son mari et devait rentrer en France le jour de son enlèvement.
"Les démarches sont entreprises pour retrouver notre compatriote", "nous ne ménagerons pas nos efforts" pour la retrouver, a assuré Laurent Fabius. "Et j'espère que bientôt nous pourrons l'accueillir à Paris", a-t-il conclu.
"Thérèse Priest m'avait dit qu'elle n'irait plus en Afrique"
Thérèse Priest est une familière de la Centrafrique depuis 2005. Avec son mari, "elle s'y rend deux à trois fois par an", dans le village d'Imohoro où le couple a aidé à la construction d'une école et d'un dispensaire grâce à l'action de leur petite association humanitaire éponyme, a déclaré mardi à l Jean-Paul Moutot, le maire de Pont-de-Veyle où la retraitée vit avec son mari. "Pourtant, il y a deux-trois mois, Thérèse Priest m'avait dit qu'elle n'irait plus en Afrique compte tenu de la dangerosité", a ajouté le maire.
"Ils sont tombés amoureux de ce petit village", a confié à BFMTV Joseph Berquin, du club Kiwanis de Mâcon, qui avait participé à des récoltes de fonds pour l'association. "Mais l'an dernier ils n'y sont pas allés", en raison de la dangerosité sur place, a-t-il ajouté.
Une deuxième expatriée enlevée mardi à Bangui
Le ministre des Affaires étrangères a redit que l'ambassade de France à Bangui était "en contact permanent avec l'archevêché de la capitale centrafricaine qui a entamé des discussions avec les ravisseurs".
Cet enlèvement d'un ressortissant français dans le pays est le premier depuis le début de la crise en 2013. Mardi matin, une employée expatriée de l'ONU, dont on ignore encore la nationalité, a été également enlevée à Bangui par des miliciens anti-balaka.











