Taubira appelle Le Pen à "s'incliner devant les faits"

La seule députée FN de l'Assemblée n'a pas souvent l'occasion de poser une question au gouvernement. Marion Maréchal-Le Pen a donc voulu profiter de cette rare fenêtre de tir mardi après-midi pour établir un lien entre le terrorisme et la politique pénale du gouvernement.
"Merah, Nemmouche, Kouachi, Coulibaly, Mostefaï ont tous un pot commun, ils sont des délinquants et criminels multirécidivistes. Voici un bref résumé des pedigrees d'enfants de la république du laxisme et de l'excuse", a lancé mardi la cadette de l'Assemblée avant de dérouler des éléments de biographie factuellement exacts, mais ne mentionnant les parcours que de deux terroristes présumés des dernières attaques du 13 novembre sur la douzaine suspectée.
"Le lien entre terrorisme petit et grand banditisme est flagrant. La plupart de ces terroristes auraient dû être derrière les verrous au moment de leurs crimes contre le peuple français", en a-t-elle déduit.
"Certes la désastreuse politique pénale ne date pas de votre entrée en fonction madame le ministre mais vos propos et vos réforme nous plongent dans une insécurité absolue", a-t-elle ajouté. "Cette folle politique n'a fait qu'entraîner le sentiment généralisé d'impunité, l'augmentation des crimes et des délités mais surtout du nombre de victimes", a-t-elle surenchéri.
"Quel magma!" répond Taubira
La démonstration n'a évidemment pas fait mouche sur les bancs du gouvernement. "Quel magma", lui a répondu avec calme la Garde des Sceaux, Christiane Taubira.
"Nous sommes dans une situation extrêmement difficile, douloureuse, la moindre des décences aurait appelé que par respect pour les Français blessés dans leurs chairs, que nous soyons exigeants face aux faits, et lorsque les faits démentent les schémas mentaux, que nous nous inclinions devant les faits", a-t-elle ajouté.
Evoquant les attentats du 13 novembre, "il se trouve que parmi les terroristes, aucun n'avait été incarcéré", a martelé Christiane Taubira. Rappelant que les défis posés à notre société étaient "immenses", la ministre a assuré que la "République saura y répondre" et pas les "querelles partisanes" ou "les facilités". La ministre a également rappelé les procédures, arrestations, et perquisitions en cours, des chiffres détaillés un peu plus tôt par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve (lire ci-dessous).
"Il est heureux que ce soit ce gouvernement qui soit en ce moment aux responsabilités", a-t-elle enfin de conclu.











