La députée de Corrèze Sophie Dessus est morte

La députée de Corrèze Sophie Dessus est décédée, a annoncé sur Twitter jeudi Bruno Le Roux. Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale s'est déclaré "très triste et très touché par (cette) disparition".
Elle avait été hospitalisée il y a une quinzaine de jours à la suite d'une aggravation de son état de santé. Son décès a été annoncé en fin d'après-midi à l'Assemblée nationale, lors d'une séance consacrée à la réforme pénale.
Le Garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas a rendu hommage à la députée dans l'hémicycle, faisant part, au nom du gouvernement, de sa "peine". "Reste le souvenir de son optimisme contagieux, de son sourire, de son engagement au sein de la commission Culture. Elle manquera évidemment beaucoup à la Corrèze. Elle manquera, certainement beaucoup à la commission de la Culture, mais elle manquera aussi beaucoup à l'Assemblée nationale", a-t-il dit.
Des commentaires humoristiques du Petit journal de Canal + sur une vidéo où l'on voyait l'ancien président Jacques Chirac lui faire des confidences à l'oreille, au grand agacement de son épouse Bernadette, avaient contribué à la faire connaître du grand public.
Sophie Dessus, considérée comme une proche du chef de l'Etat, avait été élue deputée en 2012 dans l'ancien fief électoral de François Hollande, la première circonscription de Corrèze à Tulle, devenant ainsi la première femme députée de ce département.
Agricultrice pendant une trentaine d'années
Née à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, et issue d'une famille originaire du Limousin, elle s'était installée en Corrèze à l'âge de 19 ans et y avait exercé le métier d'agricultrice pendant une trentaine d'années, s'engageant progressivement dans la politique locale.
Elle était depuis 2001 maire d'Uzerche, une ville de 3.300 habitants. A l'Assemblée nationale, elle était membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée Nationale, et membre de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre hommes et femmes.
Elle intervenait aussi sur les sujets touchant aux collectivités territoriales et à la ruralité. Sophie Dessus était la petite-fille du juriste et académicien Henri Mazeaud (1900-1993), et petite-cousine du gaulliste Pierre Mazeaud (juriste, homme politique et alpiniste), président du Conseil consitutionnel de 2004 à 2007. Elle était mère de quatre enfants, nés entre 1976 et 1987.
Des hommages en pagaille
Gérard Vandenbroucke, ancien président PS de la région Limousin, a salué le souvenir "d'une sacrée femme politique qui bougeait tout le temps, ne lâchait pas un dossier tant qu'elle ne l'avait pas mené au bout, une femme optimiste et avec du punch. A mes yeux, c'était une battante et une combattante". Alain Lagarde, ancien premier secrétaire fédéral du PS en Corrèze, a rendu hommage a une femme "de grand talent, d'une grande pugnacité, qui ne calait pas sur ses convictions".
Manuel Valls, Premier ministre, a salué "une femme énergique, rayonnante, engagée pour la Corrèze". "Le chagrin nous bouleverse", ajoute-t-il.
Par communiqué, l'Elysée a fait part d'une "immense tristesse". La présidence rappelle que cette "femme dotée d'une énergie incroyable et d'une ténacité infatigable (...) fut la première femme à devenir députée de la Corrèze". "J'exprime à titre personnel ma peine de perdre une amie si proche et si digne de sa fonction", conclut François Hollande.











