Européennes: objectif atteint, de justesse, pour les centristes

Les centristes, menés par Yves Jégo, François Bayrou et Marielle de Sarnez ont obtenus environ 10% des suffrages. - -
En pleine vague eurosceptique, les centristes de l'UDI et du MoDem, rassemblés depuis l'automne dernier, ont limité la casse dimanche avec un score approchant les 10% des voix. "On a fait la moitié de l'UMP", s'est réjoui dimanche soir Yves Jégo, le président par intérim de l'UDI. Pour lui, les objectifs du centre réuni sont donc "remplis".
Depuis six mois, les centristes répétaient qu'ils se satisferaient d'un score à deux chiffres. Ils totalisent 11 députés européens sortants. "Cette première élection nationale où nous nous présentions sous nos propres couleurs valide parfaitement notre stratégie", s'est félicité dimanche Yves Jégo, président par intérim de l'UDI.
Bayrou veut réformer la vie politique
De son côté, le président du MoDem François Bayrou assure que le centre, fort de son score, est désormais "une force de renouvellement de la vie politique française".
Répondra-t-il aux appels du pied de l'UMP? "Toute ma vie (...) c'est de dire que le centre soit le centre et que la droite soit la droite. Raison pour laquelle j'avais refusé la création de ce parti unique que devait être l'UMP", a répondu le maire de Pau. Mais il n'a pas non plus refusé par principe le dialogue et d'éventuelles "alliances" avec le parti présidé par Jean-François Copé.
Hervé Morin, président du Nouveau Centre, a pour sa part jugé que la situation exigeait "une dissolution" de l'Assemblée nationale, voire une démission de François Hollande.
Qui va succéder à Borloo?
Outre un climat eurosceptique difficile pour des pro-européens, les centristes rassemblées ont dû faire face à la maladie de Jean-Louis Borloo fin janvier. Celui qui devait mener campagne pour les européennes s'est en effet retiré de tous ses mandats et fonctions début avril.
Du coup, les listes ont été confectionnées avec un peu de difficulté et sa voix a manqué pendant la campagne. "Six mois de campagne (pour une présidentielle), six jours pour les européennes", se désolait ainsi vendredi Yves Jégo après leur dernier évènement de campagne. Le libéral Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge candidat à la présidence de la Commission européenne, a appuyé les centristes français tout au long de leur campagne. A l'issue du scrutin, l'alliance des démocrates et libéraux pour l'Europe (ADLE) menée Guy Verhofstadt devrait obtenir environ 70 députés (9,45% des voix; troisième groupe du Parlement).
Fort de leur ADN européen, c'est précisément pour ces élections que l'UDI et le MoDem s'étaient rassemblés. La numéro 2 du MoDem Marielle de Sarnez tête de liste sortante en Ile-de-France, a fait 11,9% des voix. Maintenant deux chantiers s'ouvrent: comment va tourner l'alliance entre l'UDI et le MoDem alors que l'UDI n'a plus de leader? Et comment justement va se passer la succession de Jean-Louis Borloo lors d'un congrès à l'automne?











