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Marylise Lebranchu s'en prend à l’exécutif: "On est loin du discours du Bourget"

BFM C. L. et K. L.
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L’ancienne ministre Marylise Lebranchu, récemment remerciée par François Hollande, ne se retrouve pas dans les récentes orientations de l'exécutif et le fait savoir.

Quelques semaines après avoir été évincée du gouvernement et remplacée par Annick Girardin, celle qui représentait le courant Aubriste du gouvernement Valls 2 ne mâche pas ses mots à l’encontre du Président de la République et de son Premier Ministre.

Ainsi, dans une interview accordée à Médiapart publiée le 29 février 2016, Marylise Lebranchu, ex-ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique s’en prend notamment à la déchéance de nationalité ou encore à la loi Travail: “On a trop souvent tendance à confondre la question du travail et celle de l’emploi. Ce n’est pas la même chose (...) La faute première qui nous a entraînés vers cette loi, c’est l’oubli de cette distinction.”

"Je n'en veux à personne"

Mais c’est surtout le manque d’équilibre à la tête de l’exécutif qui “l’interroge” davantage, égratignant au passage le changement de cap du Président depuis le discours du Bourget.

“Manuels Valls a un corpus idéologique défini. On sait où il va. Son arrivée à Matignon n’était pas anodine. L’équilibre devait se faire entre Manuel et François Hollande, et le discours du Bourget. Aujourd’hui, cet équilibre ne se fait plus. Mais ce n’est pas du fait de Manuel Valls. C’est François Hollande qui a changé par rapport à la ligne dite 'du Bourget'”, confie-t-elle.

"On est loin du discours du Bourget, déplore-t-elle mercredi sur le plateau de BFMTV. Les populations que je rencontre ont l'impression qu'on ne parle pas assez de progrès social." 

Il faut faire "attention a ce que cette sensation de recul permanent au nom d'une compétitivité ne désespère pas les Français". 

On apprend également que Marylise Lebranchu a envisagé la question de sa démission, qui s’est “sérieusement posée” bien avant de se faire remercier par le Président. 

Une démission de Valls serait une "posture qualifiée de personnelle"

Au sujet des rumeurs faisant état d'une démission de Manuel Valls en cas de recul sur la loi Travail, elle espère que ça n'arrivera pas et ajoute que "ce serait une posture qualifiée de personnelle" alors que "les Français ont l'impression qu'on s'occupe de soi et pas d'eux".

Pourquoi parler maintenant? "On m'a demandé mon avis sur un certain nombre de textes, je ne le donnais pas avant quand j'étais ministre je peux le donner maintenant parce qu'un parlementaire doit avoir une opinion et en pas être dans le ni-ni."