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Marseille : la communauté comorienne choquée par les propos de Guéant

BFM La Rédaction, avec L. Dian et E. Valès
La communauté comorienne de Marseille est choquée par les propos du ministre de l'Intérieur Claude Guéant

La communauté comorienne de Marseille est choquée par les propos du ministre de l'Intérieur Claude Guéant - -

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Ce dimanche, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a déclaré que l'immigration comorienne était « la cause de beaucoup de violences » à Marseille. Des élus et des représentants de la communauté comorienne dénoncent des "déclarations discriminatoires et lamentables".

Forte de 80 000 personnes, la communauté comorienne de Marseille se dit choquée par les propos du ministre de l'Intérieur Claude Guéant, qui a déclaré dimanche que leur immigration était « la cause de beaucoup de violences » dans la cité phocéenne.
A commencer par Touaïri, un Français d'origine comorienne, qui a bien du mal à digérer ces propos : « Cela fait 40 ans que je suis en France, où je travaille depuis l’âge de 25 ans. Aujourd’hui, me faire traiter de délinquant, ça me choque et ça me heurte. Ce n’est pas de la responsabilité d’un ministre de sortir des paroles qui englobent comme ça toute une communauté ».

Nassurdine Haïdari, représentant régional du CRAN (Conseil représentatif des associations noires) en Provence-Alpes-Côte d'Azur évoque lui une « incitation à la haine » et un « racisme avéré condamnable par la loi ». En compagnie de la Ligue des droits de l'Homme et du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples), il envisage de porter plainte contre Claude Guéant.

« Monsieur Guéant a dû mal s'exprimer... »

Pour Roland Blum, le premier adjoint au maire UMP de Marseille, Jean-Claude Gaudin, pas question de condamner, ni de se désolidariser des propos de Claude Guéant, mais la gêne est palpable : « Je n'ai pas à juger les propos du ministre de l'Intérieur (...) Mais notre position n'est pas la même. Nous ne voulons pas stigmatiser la communauté comorienne ». Un simple quiproquo ? « Monsieur Guéant a dû mal s'exprimer. Il doit condamner des individualités, pas une communauté ».

« Un jour, les Roms, le lendemain, les Comoriens... »

En revanche, dans l'opposition on se dit choqués, comme Patrick Menucci, le maire PS du 1er secteur de Marseille : « Claude Guéant va toujours plus loin. Un jour, ce sont les Roms, le lendemain ce sont les Comoriens. A qui le tour ? Moi qui suis Italien d'origine, je vais commencer à m'inquiéter ».