Les froides retrouvailles de Valls et Ayrault

Manuel Valls a appelé lundi soir la gauche à se rassembler face à une droite "qui veut tout abroger", - Jean-Sébastien Evard - AFP
Faire table rase du passé et se rassembler (une nouvelle fois). Manuel Valls a appelé, lundi soir, la gauche à se rassembler face à une droite "qui veut tout abroger", au surlendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy à la tête de l'UMP. "Face à une opposition, avec des propositions qui visent à tout abroger, qui est dure pour le pays, je crois que plus que jamais la gauche a besoin de se rassembler", a déclaré le Premier ministre lors d'un point presse à Nantes au Conseil régional des Pays-de-la-Loire.
Manuel Valls y retrouvait Jean-Marc Ayrault pour leur premier tête-à-tête depuis le remaniement il y a exactement huit mois. "Pour se réconcilier il faut être fâchés et comme nous ne sommes pas fâchés...", a dit le Premier ministre, toujours dans cette optique de rassemblement.
"Beaucoup d'accords"
Les deux socialistes, qui se sont rencontrés à la préfecture de région, sont ensuite arrivés ensemble à la mairie de Nantes où Manuel Valls a rencontré la maire PS de la ville, Johanna Rolland, élue en mars. "J'ai rappelé à Manuel Valls que j'étais pour ma part très attachée à une réforme en profondeur de notre système fiscal, à la fois pour plus de simplicité, d'efficacité, de justice (...) C'est un chantier qui reste toujours à lancer dans sa globalité pour réussir dans la durée", a indiqué Jean-Marc Ayrault à son arrivée à la mairie.
"Nous avons parlé de l'avenir de la gauche (...) Nous avons évoqué le congrès du PS. Il faut que le PS remette à jour son logiciel (...) L'idéal de la gauche, l'idéal réformateur, l'idéal d'égalité et de justice sociale, ça doit rester au cœur de l'identité des socialistes", a-t-il ajouté.
Après plusieurs mois de silence médiatique, Jean-Marc Ayrault, toujours député de Nantes dont il a été maire durant 23 ans, s'était autorisé quelques critiques à l'encontre de Manuel Valls ces dernières semaines.
L'ancien Premier ministre a rappelé que beaucoup des réformes de fond du gouvernement actuel avaient été ont été engagées sous sa direction. "Je souhaite évidemment que ces réformes se poursuivent, c'est ce que fait le gouvernement de Manuel Valls", a expliqué le député socialiste qui estime qu'il existe certes des désaccords entre eux mais il y a "beaucoup d'accords" et a préféré insister sur ce point.
A l'issue de cette rencontre "pas franchement chaleureuse", selon l'envoyé spécial de BFMTV, les deux socialistes ont ensuite dîné dans un restaurant au nom évocateur: "Les petits saints".












