Le gouvernement de combat sera un gouvernement de conflits

Le Parti Pris d'Hervé Gattegno c'est tous les jours sur RMC à 8h25. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE
On annonçait une équipe resserrée, elle l’est ; chevronnée, elle ne l’est pas tout à fait (après tout, la modernité va avec l’inexpérience) ; une équipe cohérente, surtout, homogène, plus soudée que celle de JM Ayrault : ce ne sera pas forcément le cas et sans avoir l’esprit chagrin, on voit qu’il y a déjà dans ce « gouvernement de combat » plusieurs zones de conflits. A commencer par celui qui ne manquera pas d’opposer A. Montebourg et M. Sapin à Bercy. L’un veut relancer l’économie, l’autre doit faire des économies. Humainement c’est un peu le feu et l’eau mais on peut parier qu’entre eux deux, il va vite y avoir de l’huile sur le feu.
Ils incarnent aussi deux lignes politiques opposées. On peut d'ailleurs supposer qu'A. Montebourg a été le choix de M. Valls et M. Sapin le choix de F. Hollande
Bien sûr. Montebourg incarne une gauche qui veut « desserrer l’étau » que l’Europe impose à la France – l’austérité. Sapin, lui, est un tenant de l’orthodoxie budgétaire, donc de la réduction des dépenses. Hollande veut mener ces deux politiques à la fois et Valls personnifie cette ambivalence : il a défendu le principe d’une «règle d’or » budgétaire (l’interdiction du déficit); aujourd’hui, il a un accord avec l’aile gauche du PS, qui milite pour que la réduction des déficits cesse d’être une priorité. Dans son équipe, Montebourg va beaucoup se dépenser et Sapin va veiller à ce qu’on ne dépense pas trop. Le tout est de savoir s’il y aura entre eux une complémentarité ou une incompatibilité.
On peut aussi supposer que le maintien de Ch. Taubira peut ouvrir un front au sein du gouvernement, puisque M. Valls et elle se sont opposés sur la réforme de la justice
M. Valls ne s’attendait pas à devoir la garder – le départ de Taubira paraissait acquis avant la nomination de M. Valls. Mais elle a refusé la culture (ce qui prouve qu’elle ne veut pas s’en laisser conter) et l’éducation l’intéressait, mais F. Hollande et M. Valls sont au moins tombés d’accord sur le fait que son tempérament explosif serait inapproprié avec les syndicats d’enseignants… A l’arrivée, elle reste à la justice mais Matignon la place sous surveillance et sa réforme est reportée pour être réécrite – c’est une sorte de peine plancher que M. Valls va lui infliger.
Le ministre dont le retour est presque unanimement salué, c
C’est écrit. Elle a été la compagne du PR et la mère de ses enfants – sa nomination est un précédent qui potentiellement, peut relancer le vaudeville présidentiel qui a déjà fait du tort à F. Hollande… Surtout à cause de son hyper-individualisme : elle essaiera d’avoir un circuit court avec l’Elysée, voire de court-circuiter l’Elysée. Elle voulait le titre de ministre d’Etat : pour le protocole (elle y est sensible), mais aussi pour se poser en PM bis – ou en 1ère dame… du gouvernement. M. Valls a eu le bon sens de s’y opposer mais il y aura d’autres tentatives du même ordre. Autant M. Valls est clivant, autant S. Royal fait souvent l’unanimité chez ceux qui travaillent à ses côtés : l’unanimité contre elle.
Suivez Jean-Jacques Bourdin sur Twitter
Follow @JJBourdin_RMC
Réagissez sur le compte Twitter d'RMC avec le hashtag #BourdinDirect Tweet #Bourdindirect












