La religion, priorité des Français ?

Les Coulisses de la politique, de Christophe Jakubyszyn, sur RMC du lundi au vendredi à 7h20 - -
Premier constat, cette interpellation a été extrêmement médiatisée : le ministre de l’Intérieur sur TF1, le premier ministre sur RTL, le président de la République enfin sur le perron de l’Elysée pour une allocution. Commençons par la première déclaration du week-end sur cette affaire, celle de Manuel Valls au 20h de TF1. « Il ne s'agit pas de réseaux terroristes qui viennent de l'extérieur, il s'agit de réseaux qui sont dans nos quartiers, a expliqué le ministre, il ne s'agit pas d'étrangers, il s'agit de Français convertis, de Français musulmans ». Manuel Valls plante le décor : il dit aux Français qu’il ne s’agit pas d’une menace venue de l’extérieur, d’une invasion, mais de Français convertis.
Le président de la République, sur le perron de l’Elysée, a insisté sur « le refus de tout amalgame ». « Les musulmans ne doivent pas pâtir de l'islamisme radical. Ils en sont aussi victimes », a-t-il dit.
Le gouvernement en fait-il trop ?
On peut se demander en effet s’il n’y a pas une exploitation politique de ce coup de filet. Un coup de filet certes apparemment opportun et réussi, malgré la mort d’un homme qui avait fait feu contre les policiers. En vérité si le gouvernement est monté aussi vite sur le front de la communication et aussi massivement, c’est parce qu’il y a une autre bataille qui se livre en coulisses : la bataille du vivre ensemble, la bataille de l’amalgame entre l’extrémisme religieux et la religion musulmane.
Cette bataille-là, on l’a vu ce week-end, se livre entre la droite et la gauche mais aussi au sein de la droite...
C’est vrai. A droite, la bataille pour la présidence de l’UMP se cristallise sur la manière d’aborder la place de la religion musulmane en France. On le sait, Jean-François Copé avait relancé le débat autour du racisme anti-blanc la semaine dernière. Il a choisi ce week-end dans le Var de marquer les esprits avec une anecdote, dite du pain au chocolat : « Il est des quartiers où je peux comprendre l’exaspération de certains compatriotes, apprenant que leur fils s’est fait voler leur pain au chocolat à la sortie du collège par des voyous qui expliquent qu’on ne mange pas pendant le ramadan ».
Sur la même thématique, Lionnel Lucas, le député des Alpes Maritimes a twitté hier après-midi au sujet du drame d’Echirolles : « Les deux jeunes ne sont pas morts pour un regard mais pour être trop français, trop assimilés aux yeux des nouveaux barbares antifrançais ». L’enquête n’a pour l’instant pas révélé cet aspect du drame, mais Lionel Lucas, lui, apparemment le sait.
Ces écarts de députés de l’UMP mettent mal à l’aise une autre partie de l’UMP. François Baroin, soutien de François Fillon, a expliqué que « toutes ces petites phrases (étaient) toxiques, dangereuses. Elles altèrent le pacte républicain ». « C'est une erreur d'analyse », a-t-il dit. A droite comme à gauche, le débat politique se focalise une fois de plus sur le problème religieux.
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