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La droite reste "ferme" sur "l'indignité nationale"

BFM Karine Lambin
Manuel Valls a annoncé mercredi un renforcement des moyens humains et matériels en matière de lutte antiterroriste.

Manuel Valls a annoncé mercredi un renforcement des moyens humains et matériels en matière de lutte antiterroriste. - Philippe Wojazer - AFP

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Manuel Valls annoncé mercredi matin un plan de lutte contre le terrorisme. Si l'union nationale reste de mise sur ce sujet, des crispations commencent à poindre à droite sur deux points: l'indignité nationale et le financement des mesures annoncées.

Toujours soucieux d'entretenir l'union nationale dans la lutte contre le terrorisme, Manuel Valls a laissé la porte ouverte mercredi à l'idée d'une peine d'indignité nationale défendue par la droite, en demandant "une réflexion transpartisane". Le Premier ministre a en effet confié aux présidents des commissions des lois de l'Assemblée nationale et du Sénat de conduire cette réflexion et de se prononcer dans les six semaines qui viennent.

"Six semaines de réflexion avec une commission sur l'indignité, cela me paraît totalement inutile si tout le monde est d'accord", a réagi sur BFMTV Eric Ciotti, député UMP et président de la commission d'enquête parlementaire sur la surveillance des filières et individus jihadistes.

L'UMP tient à la déchéance de la nationalité

Le député UMP Guillaume Larrivé, lui, ne veut rien lâcher. "Il faut que les Français terroristes ne soient plus reconnus comme des membres de la communauté nationale, insiste-t-il. Pour ceux qui sont binationaux, il faut qu'on arrive à leur retirer la nationalité française, et pour ceux qui sont français, les condamner à une peine d'indignité nationale, c'est-à-dire les priver de leurs droits civiques et politiques." Et de prévenir: "C'est une proposition ferme à laquelle nous tenons."

"La peine d'indignité nationale, je suis plutôt pour, simplement je ne veux pas créer d'illusion: ce n'est pas ça qui va résoudre la question du terrorisme en France", estime le député PS et rapporteur de la commission sur les filières jihadistes, Patrick Menucci. "Je ne crois pas que ce soit une peine qui puisse les dissuader", juge également le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone. "Mais si ça doit être un symbole républicain de la condamnation unanime de notre volonté de combattre d'une manière très ferme le terrorisme, pourquoi pas", poursuit le socialiste.

"Parler d'indignité nationale à quelqu'un qui tue un policier, pensez-vous que ça a un sens?", interroge de son côté, le député du Rassemblement bleu marine (RBM), Gilbert Collard, moins embarrassé par le souci d'afficher une union nationale. "Sur une peine d'indignité nationale, j'entends la nécessité parfois de faire marcher des symboles mais cela demande d'y réfléchir", estime la coprésidente du groupe EELV, Barbara Pompili.

Questions sur le financement

Outre l'indignité nationale, les moyens débloqués pour lutter contre le terrorisme ont également fait grincer quelques dents. Manuels Valls a annoncé mercredi matin un renforcement de plus de 2.600 emplois dédiés à la lutte contre le terrorisme, avec une rallonge de moyens qui dépassera au total les 700 millions d'euros sur trois ans. Un coût qui suscite des questions.

"Nous soutiendrons toutes les mesures qui pourront aller dans le bon sens mais nous seront extrêmement vigilants sur la traduction législative et budgétaire", a prévenu le député UMP, Philippe Gosselin, mercredi lors de la séance de questions au gouvernement.

"Ce qui m'étonne, c'est qu'on puisse débloquer soudainement tant d'argent", souligne le député RBM, Gilbert Collard.

Les écologistes vigilants sur la "protection des libertés"

Enfin, si Manuels Valls s'est montré évasif en matière de surveillance et d'écoutes -les pouvoirs des services de renseignement vont en effet être renforcés dans ces domaines- du côté des écologistes, "nous n'avons pas de craintes, nous avons simplement une vigilance", explique Barbara Pompili. "Nous sommes absolument convaincus qu'on peut concilier une sécurité optimale et la protection des libertés", ajoute l'écologiste