La candidate voilée du NPA

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Ilham Moussaïd a 21 ans. Elle est étudiante en gestion et quatrième de liste dans le Vaucluse (région Provence-Alpes-Côte-d'Azur), pour le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Une candidature aux élections régionales qui fait polémique depuis un mois. Car la jeune femme porte un foulard islamique.
Le tribunal administratif de Marseille a rejeté tous les recours déposés contre la candidate, par Ni Pute ni soumises et par l'Association de solidarité avec les femmes arabes. En France, on peut donc être candidate et voilée.
L'Abbé Pierre siégeait bien en soutane à l'Assemblée
Même si Ilham Moussaïd est en position non éligible sur sa liste, une question se pose : une élue voilée pourrait-elle siéger au Conseil régional ? Aucune loi ne l'interdit. Selon la législation, il est interdit de porter le voile, ou tout autre signe religieux ostentatoire, dans les établissements scolaires. Et toutes les personnes représentant l'Etat ont l'interdiction d'arborer des signes religieux. Par exemple, une femme qui serait maire d'une commune ne pourrait pas porter le foulard islamique dans le cadre de ses fonctions. Une conseillère régionale, en revanche, ne représente pas l'Etat, elle représente la société. A ce titre, elle peut porter des signes religieux. C'est le cas aussi des conseillers municipaux et des députés. L'Abbé Pierre, par exemple, siégeait à l'Assemblée Nationale, en soutane. C'était il y a 60 ans. Et à Creil, dans l'Oise, une conseillère municipale socialiste porte le voile.
« Pour envoyer un signal aux quartiers populaires »
Fier d'avoir voté en faveur de la candidature d'Ilham Moussaïd pour les régionales, Abdel, un militant du NPA dans le Vaucluse, explique pourquoi la jeune femme a été choisie : « sa candidature, c'est d'abord pour envoyer un signal aux quartiers populaires, en disant : il faut arrêter la fatalité et arrêter de rester dans son quartier et de dire que tout le monde veut qu'on ne s'en sorte pas. Aujourd'hui, une partie de la solution, c'est nous-mêmes. Il faut qu'on se bouge, qu'on participe au débat politique. Et Ilham, elle nous semble incarner cela. Pour beaucoup, c'est une fille qui aurait peut-être dû être à la cuisine, à faire à manger... et bien, non. Et je ne sais pas si on a bien ou mal fait, mais ce qui est sûr, c'est que dans les quartiers populaires, quand on en parle, il y en a avec qui ça accroche et qui nous rejoignent. »












