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L’UMP dénonce l’amateurisme du gouvernement

BFM T.de Dieuleveult avec A.Roger
Jean-Marc Ayrault

Jean-Marc Ayrault - -

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Mercredi, Jean-Marc Ayrault a anticipé une décision du Conseil constitutionnel sur la loi sur le logement social. Pas le premier couac gouvernemental, dénonce la droite qui parle « d’amateurisme », « de bévue », « de panique » au sein de la majorité.

Mariage pour tous, vote des étrangers non communautaires, loi sur le logement, les sorties au sein du gouvernement se multiplient. Mercredi, c’est le Premier ministre Jean-Marc Ayrault qui a "fauté" en anticipant l'annulation par le Conseil constitutionnel de la loi sur le logement social, ce qui a provoqué un nouveau flottement dans la communication gouvernementale. Le Conseil constitutionnel, saisi sur ce texte par une soixantaine de sénateurs le 10 octobre, n'a invalidé le texte qu'en début de soirée, jugeant que la procédure adoptée était contraire à la constitution. Ce texte permet à l'Etat de céder des terrains aux collectivités locales pour faciliter la construction de logements sociaux. Un nouveau texte sera présenté en Conseil des ministres le 14 novembre puis à l'Assemblée nationale le 20 novembre de façon à « être adopté avant la fin de l'année ».

Du pain béni pour l’UMP

Cette mauvaise communication entre ministres et l'institution républicaine a eu pour conséquences de créer une brèche dans laquelle l’UMP s’est engouffrée sans attendre, n’ayant pas de mots assez durs pour qualifier le manque de « rigueur » de l’équipe gouvernementale. Du pain béni pour Jean-François Copé qui sera opposé jeudi soir à François Fillon lors du débat télévisé entre les deux prétendants à la présidence de l’UMP. « Je suis très frappé de voir que le gouvernement est en train de reculer sur un certain nombre de sujets sur lesquels, nous à l'UMP, nous avons marqué clairement notre opposition et notre détermination à en appeler au peuple français », a déclaré mercredi Jean-François Copé.

« Pire que de l’amateurisme »

« C’est pire que de l’amateurisme, constate Claude Goasguen, député UMP de Paris. D’habitude, le Conseil constitutionnel annule une ou deux décisions, deux articles. Là, c’est l’ensemble de la loi. Il dit : "laissez le temps au parlement de discuter". C’est-à-dire qu’il se conduit véritablement en arbitre suprême en disant au gouvernement de ne pas précipiter les choses car c’est contraire à la constitution. C’est pire car c’est une critique globale d’un mode de gouvernement ».

« Une bonne leçon assimilée »

« Je pense que le droit parlementaire, le droit constitutionnel, c’est quelque chose de compliqué et on peut de bonne fois passer à côté de quelque chose, défend Philippe Martin, député socialiste du Gers et Premier vice-président des députés PS. Ce n’est pas une histoire d’amateurisme mais une histoire d’attention. Avoir de l’attention quand on est dans l’urgence c’est encore plus compliqué. C’est une bonne leçon assimilée qui ne se reproduira pas ».

Copé et les reculades du gouvernement|||

Mercredi, Jean François Copé a ironisé sur les reculades du gouvernement :
-S'agissant de l'ouverture du mariage et de l'adoption ouverts aux homosexuels, le texte est « reporté sine die », a-t-il dit. L'examen du projet de loi en Conseil des ministres a été reporté du 31 octobre au 7 novembre et sa présentation à l'Assemblée nationale l'a été d'un mois, en janvier.
- « Deuxième reculade et deuxième victoire pour l'UMP: la question du droit de vote pour les étrangers », s'est félicité le député-maire de Meaux (Seine-et-Marne), en assurant que la pétition nationale contre ce projet lancée par l'UMP avait recueilli « plus de 300 000 signatures sur Internet et sur papier ».