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Juppé face aux auditeurs: "je ne suis pas un bobo centriste"

BFM Ariane Kujawski
Alain Juppé a répondu aux questions des téléspectateurs et auditeurs de BFMTV et RMC mardi.

Alain Juppé a répondu aux questions des téléspectateurs et auditeurs de BFMTV et RMC mardi. - BFMTV

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Alain Juppé était l'invité de BFMTV et RMC mardi matin. Il a répondu aux questions des téléspectateurs et des auditeurs.

Emploi, classes moyennes, dissolution... Les auditeurs et téléspectateurs de RMC et BFMTV ont été nombreux à vouloir poser une question à Alain Juppé, candidat à la primaire de l'UMP pour la présidentielle de 2017. Il était l'invité de Jean-Jacques Bourdin mardi matin. Voici l'essentiel des questions auxquelles il a répondu.

> Luana, 24 ans, diplômée et sans emploi, sur le chômage des jeunes

"Je n'ai pas de réponse particulière mais une réponse générale: il faut redonner confiance dans les acteurs économiques pour que l'activité reprenne. J'ai proposé une série d'aide aux entreprises car ce sont elles qui créent de l'emploi: il faut baisser le coût du travail, assouplir les règles comme les 35 heures. Enfin, le code du travail doit être simplifié par la négociation. Il faut harmoniser notre fiscalité, et aussi revoir notre système de formation: trop de jeunes se précipitent dans des filières longues qui n'ont aucun débouché (...)".

"La réponse n'est pas d'obliger les chefs d'entreprise à embaucher, mais d'avoir une activité pour se développer et embaucher. C'est une politique d'ensemble qu'il faut avoir."

> Gaëlle, 42 ans, cadre commerciale, sur les classes moyennes

"Aujourd'hui, on assiste à un bombardement discal sur les classes moyennes, on a franchi un seuil de tolérance. Ma priorité, c'est d'alléger le poids du prélèvement fiscal sur les classes moyennes, ce qui suppose un allègement des dépenses publiques. Le principal poste, ce sont les salaires: il faut cesser d'augmenter le nombre de fonctionnaires. Il y a aussi des réformes de structure à faire: il faut amener l'âge de la retraite à 65 ans et inciter les demandeurs d'emploi à chercher plus activement du travail, par une dégressivité des indemnités."

> Patrick, 54 ans, ingénieur, sur la ligne d'Alain Juppé

"Je ne suis pas centriste, je suis gaulliste, européen et libéral. Je crois en la liberté d'entreprendre, mais je suis aussi attaché à un certain modèle social. Est-ce un discours 'bobo centriste'? Je ne le pense pas. J'ai aussi défini mes idées sur l'immigration: il faut être impitoyable sur l'immigration illégale, il faut la contrôler, il faut encadrer l'immigration économique par un vote annuel du Parlement sur un système de quotas, il faut réformer le droit d'asile, et enfin prendre des mesures pour que les décisions de quitter le territoire français soient appliquées. Ce n'est pas un discours filet d'eau tiède!"

> Marie, 55 ans, mère au foyer, sur la dissolution

"Je ne crois pas à une dissolution. Chaque fois qu'un gouvernement a essayé pour se sauver de manipuler un mode de scrutin, il s'est planté! (...) Ce n'est pas en manipulant le mode de scrutin qu'on échappe à la pression populaire. Mais je ne crois pas que les députés PS voteront la censure, sinon ils prendront la raclée du siècle. Nous en 1997, tous les sondages nous donnaient gagnants! Aujourd'hui, ils sont sûrs de perdre. Et même avec une cohabitation, je ne pense pas que monsieur Hollande puisse remonter en popularité aujourd'hui. Et s'il y avait cohabitation, moi, je n'irai pas. Je ne veux pas aller dans un système où la politique que je pense nécessaire serait paralysée par la cohabitation. J'en ai fait l'expérience en tant que ministre des Affaires étrangères, et en tant que ministre du Budget. Je préfère la clarté."