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Immigration: Valls veut augmenter le nombre de naturalisés

BFM La Rédaction avec AFP
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Manuel Valls souhaite "redresser la courbe du nombre de naturalisations" en revenant sur les critères restrictifs décidés sous Nicolas Sarkozy. Le ministre de l'Intérieur assistait jeudi matin à une cérémonie de naturalisation à Toulouse.

Manuel Valls a dit jeudi à Toulouse sa volonté de redresser la courbe déclinante des naturalisations d’étrangers en revenant sur les critères d’accession à la citoyenneté française décidés par son prédécesseur Claude Guéant. Le ministre de l'Intérieur a notamment annoncé la suppression immédiate des questionnaires à choix multiples sur l'histoire ou la culture hexagonales, des QCM soumis aux candidats à la nationalité française. Manuel Valls souhaite aussi lever l'obligation de détenir un CDI pour devenir français.
« L’urgence tout d’abord : redresser la courbe du nombre de naturalisations, en revenant sur les critères les plus discriminants qui sont à l'origine de près de 70% des refus », a-t-il dit selon le texte de l'intervention prononcée lors d'une cérémonie de naturalisation.
Manuel Valls fut lui-même naturalisé français à l'âge de 20 ans, juste après l'élection de François Mitterrand.

« On ne devient pas français en répondant à un QCM »

Manuel Valls vient d'adresser une circulaire à tous les préfets pour desserrer les critères instaurés sous Nicolas Sarkozy. Selon le ministère de l'Intérieur, les critères « les plus discriminants qui sont à l'origine de près de 70% des refus ».
« Je refuse l'idée que seuls les détenteurs d'un CDI puissent devenir français, prévient le ministre de l'Intérieur à la préfecture de Haute-Garonne. Dès à présent, la méthode du questionnaire à choix multiples relatif à la connaissance de l'histoire et de la culture et de la société françaises est abandonnée. On ne devient pas Français en répondant à un QCM ! ».
Les QCM décidés par le précédent gouvernement devaient entrer en vigueur au 1er juillet 2012, mais n'ont pas été appliqués avec l'arrivée au pouvoir de la nouvelle majorité.

La maîtrise de la langue française reste exigée

Dans un second temps, début 2013, une circulaire-cadre « remettra à plat tous les critères et leur condition d'appréciation », précise Manuel Valls.
En revanche, une maîtrise de la langue française correspondant à un niveau de troisième reste exigé, tout comme la nécessaire adhésion aux valeurs de la République, exaltées jeudi matin par le ministre de l'Intérieur: liberté, égalité, fraternité, mais aussi laïcité et solidarité.
La naturalisation « doit demeurer la conclusion logique d’un parcours d'intégration réussi (...), souligne-t-il. La France est une terre d'accueil. J'aime ce pays qui, un jour, a fait de moi l'un des siens ».
« Evidemment, il faut maîtriser l'immigration, on ne peut pas accueillir tout le monde », tempère Manuel Valls.

« L'accès à la nationalité française a été entravé »

Jeudi matin à Toulouse, Manuel Valls s'en est vivement pris à la politique du précédent gouvernement ,qui s'est traduite selon lui par une baisse de 30% du nombre de naturalisations entre 2010 et 2011, et de 45% entre 2011 et 2012.
« L’accès à la nationalité française a été entravé, empêché », juge-t-il, au détriment en particulier d'étrangers « parfaitement insérés dans la société française, qui ont fait le choix de devenir français ».
Cette politique est le fait d'une « France qui doute, qui regarde le monde avec méfiance et cède, alors, à la tentation du repli », a-t-il dit en fustigeant le débat sur l'identité nationale, qu'il refuse de rouvrir.
Le président François Hollande « veut sortir (...) de cette défiance. Une défiance qui, dans les paroles et parfois dans les actes, a pu prendre les traits d’une hostilité. Nous devons retrouver l’apaisement (...) Ma mission est claire : refaire de l’accès à la nationalité un véritable moteur du sentiment d'appartenance à notre Nation », insiste Manuel Valls.

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En 2010, environ 120 000 personnes ont acquis la nationalité française, mais une partie de manière automatique à l'âge de 18 ans. Sous l'impulsion du prédéceseur de Manuel Valls, la France avait durci les conditions d'acquisition de sa nationalité en 2011.