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Hollande : La taxe à 75% déçoit à gauche

BFM La rédaction avec Antoine Serres
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Symbole de la campagne, la taxe à 75% sur les très hauts revenus est petit à petit vidée de sa substance. Nouvelles modifications : elle ne s’applique qu’aux revenus du travail et le seuil est de 2 millions d’euros pour les couples. A gauche, on se dit déçu.

C'était l'une des mesures phares du candidat Hollande, c’est en train de devenir une coquille vide : la taxe à 75% pour les plus hauts revenus va être une nouvelle fois vidée de sa substance. Conformément à la promesse, un célibataire sera taxé s'il gagne plus d'un million d'euros par an, mais les choses se compliquent pour les couples. Selon le journal Le Figaro, seuls les couples qui gagnent plus de deux millions d’euros seront taxés à 75%, au lieu d'un million initialement.
En revanche, les enfants ne donneraient droit à aucun avantage. Sans oublier que la taxe à 75% ne s'appliquerait finalement qu'aux revenus du travail, et pas du capital.

« J’espère qu’on ne va pas de déception en déception »

Une décision qui déçoit à gauche, comme chez Marc Blondel pour qui il s’agit de « la première erreur de communication sérieuse du gouvernement ». L’ancien secrétaire général de CGT FO conseille à François Hollande de « revoir sa position. Après avoir pris des engagements de cette nature, on pouvait penser qu’il était au courant de la situation. Je pense que c’est une maladresse de revenir dessus, car on va dire qu’il ne connait pas les dossiers, ou encore plus grave, on va dire « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». J’espère qu’on ne va pas de déception en déception ».

« L’impression que les politiques ne sont pas à la hauteur »

Coprésidente du Parti de gauche, Martine Billard dit elle aussi attendre « mieux d’un gouvernement de gauche ». Selon elle, le calendrier a été mal géré, et les propositions les plus emblématiques sont en retard. « Je pense qu’ils pouvaient effectivement appliquer des décisions courageuses dès le début, mais les décisions qui étaient les plus emblématiques de son programme ne sont pas celles qu’il a choisi d’appliquer en premier, comme la séparation des banques de dépôt et des banques d’affaire pour lutter contre la spéculation, estime-t-elle. En revanche, on a des mesures pas inutiles mais qui ne sont pas des mesures de fond. On ne peut pas s’étonner qu’il y ait une déception aujourd’hui avec l’impression que les politiques proposées ne sont pas à la hauteur de la crise ».

« Un signe de faiblesse »

Une déception commune qui, selon le directeur du département Opinion de l’institut CSA Jérôme Sainte-Marie, peut avoir de lourdes conséquences. La mesure, vidée de sa substance, était en effet très attendue. « Durant la campagne, l’annonce de cette mesure avait profondément déstabilisé Nicolas Sarkozy, elle a été une des causes de la victoire de François Hollande, il est donc pour lui particulièrement délicat de devoir revenir dessus », analyse-t-il. Résultat, si le recul déçoit à gauche, il pourrait aussi avoir un impact sur l’ensemble du corps électoral. « L’opinion publique risque de peu apprécier le recul de François Hollande, car ce sera vu comme un signe de faiblesse de François Hollande, peut-être moins fort qu’on ne le pensait face à des pressions venant de personnes disposant de puissants relais ».