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Valls "n'a renoncé à rien" pour 2017

BFM Charlie Vandekerkhove avec AFP
François Hollande et Manuel Valls, le 30 juin 2016.

François Hollande et Manuel Valls, le 30 juin 2016. - Stéphane de Sakutin - AFP

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Manuel Valls n'entend pas renoncer à ses ambitions pour 2017, même si son président se présente. "Si le président pense que de toute façon, s'il est candidat, j'irai coller des affiches, là c'est non", a-t-il juré à ses proches.

Si François Hollande décide de se présenter, Manuel Valls ne s'écrasera pas. C'est en substance le message que le Premier ministre et ses proches font passer au président de la République, alors que se profile l'annonce d'une candidature Hollande pour 2017. La guerre froide qui se joue entre l'Elysée et Matignon n'est plus un secret.

"Il faut que ça aille mieux", concédait mardi Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, dans Libération, évoquant les tensions entre François Hollande et Manuel Valls. Elles ont même atteint leur paroxysme, car Manuel Valls, qui ne supporte pas d'être coincé entre une candidature Macron et une candidature Hollande, trépigne en attendant que le président officialise.

"Pour ma part, je n'ai renoncé à rien", a lâché le Premier ministre cette semaine, en petit comité. 

Comme un lion en cage

"Valls a totalement envie d'y aller. Il est totalement lié à la décision du président. C'est tout ce qu'il déteste", résume un ministre non aligné. "Coincé entre Macron et Hollande, comme un lion dans la cage, il est fou de ne pouvoir rien faire", glisse un autre.

Deux nouvelles étapes se profilent dans ce bras de fer: samedi, on connaîtra la stratégie des radicaux de gauche pour la présidentielle, alors que leur convention se tient à Paris.

Le même jour, Martine Aubry rassemblera à Bondy le "Carrefour citoyen des gauches et de l'écologie". Il mêlera socialistes, communistes et écologistes, en présence notamment de Christiane Taubira, Claude Bartolone, le "frondeur" Christian Paul mais aussi le communiste Olivier Dartigolles ou l'écologiste Pascal Durand.

Valls ne cache pas son inquiétude

D'ici ces échéances, inquiet du peu d'engouement que susciterait une candidature du président de la République, le chef du gouvernement tente d'imposer ses exigences: il faut selon lui "tenir compte du seul intérêt de la France, de la gauche, et de sa famille politique".

"Est-ce que sa candidature est susceptible de créer un choc positif dans sa famille politique, auprès des Français et des électeurs de gauche? Je suis très inquiet. Je le lui ai dit et il le sait, il faut qu'il y réponde", insiste Manuel Valls, cité par Le Parisien ce vendredi.

"Je me poserai la question de ce que je devrait faire"

Manuel Valls développe depuis plusieurs semaines ce qui ressemble de plus en plus à un programme présidentiel. Mercredi soir, il a précisé dans une tribune aux Echos sa vision d'une "mondialisation au service des peuples". Dans une interview à Paris-Normandie publiée ce vendredi, interrogé sur ses ambitions pour 2017, se dit "très déterminé" à "ne pas abandonner la gauche".

Sûr de lui, il ne mâche donc plus ses mots ni ne cache ses ambitions à François Hollande. 

"Si le président pense que de toute façon il est candidat, que je serai derrière lui, que j'irai coller des affiches, parler dans le train, faire des déambulations, là c'est non. Je me poserai la question de ce que je devrai faire", a-t-il prévenu, selon des proches.

Un régicide à gauche?

Dans le camp Hollande, c'est le "déni" qui règne, d'après les vallsistes. Pour les fidèles du président, l'avantage de François Fillon dans la primaire à droite est une bonne chose, une opportunité pour François Hollande, qui se dresserait face à une "droite dure" si ce candidat remporte le second tour. "Si ce n'est pas moi, quel est le plan B?", aurait interrogé le président lors d'un tête-à-tête avec son Premier ministre.

"S'il y a un régicide à droite, il peut y en avoir à gauche", prévient un ami du Premier ministre. Après Nicolas Sarkozy, François Hollande sera peut-être le prochain poussé vers la sortie.