Valls dit non à une "Europe punitive"

Espace Schengen, protectionnisme, austérité, souverainisme... Manuel Valls a estimé mardi que le vote des Britanniques en faveur du départ de l'Union montrait "le malaise des peuples" vis-à-vis de la construction européenne et qu'il fallait "crever l'abcès". "L'erreur historique serait de croire que ce référendum ne regarde que les Britanniques", a-t-il jugé.
Il a donc crevé à sa façon l'abscès en adressant des mises en garde à l'opposition, ses troupes, Bruxelles et Londres lors d'un discours de 25 minutes devant l'Assemblée nationale. Le Premier ministre a passé en revue plusieurs domaines de la thématique européenne qui suscitent l'inquiétude, en particulier à gauche.
Mises en garde au FN et à la droite
"Je mets en garde ceux qui croient qu'on renforcera notre souveraineté nationale en tirant un trait sur l'Europe; ceux qui pensent qu'on s'en sortira mieux dans la mondialisation, qu'on traitera mieux la crise migratoire, qu'on combattra mieux le terrorisme en agissant seuls, en se privant d'appuis, dans le seul cadre de nos frontières nationales. Rien n'est plus faux", a déclaré le Premier ministre lors du débat à l'Assemblée nationale sur les conséquences du Brexit.
Manuel Valls a mis en garde ceux qui, à droite, envisagent ou même réclament un référendum sur l'Europe, en soulignant le risque de "jouer aux apprentis sorciers", après le Brexit britannique. Dans les candidats à à la primaires de Les Républicains, Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire plaident pour un nouveau traité européen et envisagent clairement, contrairement à Alain Juppé et François Fillon, de passer par la voie du référendum.
Réformer Schengen
"Dans un monde dangereux, instable, chaotique parfois, si l'Europe ne protège pas, elle n'est rien (...) Il faut aller plus loin et vraiment maîtriser nos frontières extérieures. Pas en sortant de Schengen mais en le réformant profondément", a affirmé le locataire de Matignon
Contre une "Europe punitive"
"La question qui se pose a la France n'est pas de sortir de l'Europe, ou de l'Union européenne mais de refonder le projet européen", a-t-il assuré, ajoutant que la prochaine élcetion présidentielle serait l'occasion de trancher.
La Premier ministre s'est ainsi prononcé contre une "Europe punitive, acquise aux thèses ultra-libérales et à l'austérité budgétaire", que le peuple "rejette". "L'Europe, ça ne peut pas être seulement les Etats qui rendent des comptes sur la gestion de leurs budgets", a déclaré Manuel Valls en référence à la règle prévoyant que les déficits publics ne peuvent excéder l'équivalent de 3% du PIB d'un pays, sous peine de sanctions.
"Discours de fermeté vis-à-vis des Britanniques"
Enfin alors que François Hollande arrivait à Bruxelles pour un Conseil européen post-Brexit, Manuel Valls a assuré que la France tiendrait un "discours de fermeté vis-à-vis des Britanniques". "Ce n'est pas le parti conservateur britannique qui doit imposer son agenda", a-t-il enchaîné plaidant pour une sortie rapide du Royaume-Uni. "Il n'y aura pas de négociations tant que l'article 50 ne sera pas déclenché", a-t-il tancé.
Au contraire, David Cameron a dit lundi que ce serait à son successeur de la faire, lequel devrait être désigné début septembre.












