François Hollande, du président impopulaire au "rassembleur"

François Hollande avec Patrick Pelloux de Charlie Hebdo, lors de la marche républicaine à Paris dimanche. - Philippe Wojazer - AFP
Le symbole était fort, un président dans le cortège de la marche Républicaine. Avec les chefs d’Etat et de gouvernement venus à Paris, puis auprès des proches des victimes des frères Kouachi et d’Amedy Coulibali, François Hollande a l’espace de cette journée incarné l’unité nationale qui a réunit 3,7 millions de personnes en France.
Les circonstances dramatiques et exceptionnelles marquent sans nul doute un point fort de son quinquennat. De nombreux experts estiment que François Hollande, le "président normal", souvent moqué a géré avec succès cette épreuve douloureuse. Il l’a fait sur le plan intérieur, en montrant à l’unisson du pays, de la compassion pour les familles des victimes. Sur le plan diplomatique également en réunissant à Paris de nombreux chefs d’Etat. "Il y a eu incarnation du régalien, de par sa position institutionnelle, qui le met au centre, mais aussi par son attitude des derniers jours", commente Jérôme Fouquet, spécialiste de l’opinion publique (Ifop).
Un président "rassembleur" pour Douste-Blazy
Pour l’historien socialiste Alain Bergounioux, le chef de l’Etat devait incarner "l’unité de la Nation et je crois qu’il l’a fait". "Il a même fait un peu plus puisqu’il a pu réunir pour la France une quarantaine de dirigeants. Ce qui ne s’était jamais vu dans l’Histoire".
Des politiques d’opposition lui ont même rendu hommage, comme l'UMP Philippe Douste-Blazy sur BFMTV. "Je trouve que depuis la première minute (…) il a eu le ton juste", reconnaît l'ancien ministre . "Il a été président de la République, son ministre de l’Intérieur également. Lorsque tout ça s’est terminé et qu’il s’est exprimé une nouvelle fois devant les Français, il n’a pas dit 'moi je' ni cocorico, il a été rassembleur".
Un regain de popularité éphémère ?
L'unanimité n'est toutefois pas sans faille. Une partie de l'opposition n'entend pas laisser au chef de l'Etat le bénéfice du consensus émotionnel qui a submergé la France. "C'est la rue qui incarne l'unité nationale", tranche Nathalie Kosciusko-Morizet. Et malgré l'image, les éloges pourraient ne pas durer. François Hollande reste aussi à ce jour, le président le plus impopulaire de la cinquième république. Sa popularité pourrait connaître un "regain certain", selon Jérôme Fouquet mais ne pas durer. "Souvenez-vous de l’intervention au Mali en janvier 2013, il a été beaucoup glosé sur Hollande se muant en chef de guerre, ajoute Jérôme Fouquet. Il avait lui-même parlé de la journée la plus importante de ma vie politique. Et puis très vite, le cours des choses a repris… "
Selon le spécialiste de l’Ifop "on peut penser qu’en dépit de l’impact et de l’émotion, petit à petit, les choses vont reprendre leur cours. Le souvenir restera éventuellement vivace mais chômage, déficits, impôts reviendront en force".












