Faut-il une loi pour interdire le voile dans le privé ?

La Cour de cassation a annulé le lienciement d'une employée voilée dans une crèche. Le gouvernement pourrait faire voter une loi pour renforcer l'interdiction du port de signes religieux. - -
Najat Vallaud-Belkacem : s’il faut passer par la loi pour interdire le voile dans les crèches privées, le gouvernement est prêt à le faire. Après l'annulation par la Cour de cassation du licenciement d'une employée de crèche privée portant le voile, la porte-parole du gouvernement a affirmé mercredi que « le principe de laïcité ne devait pas s'arrêter à la porte des crèches ». Il faut « veiller » à ce que les solutions de la circulaire Jospin de 1989 sur le port du foulard à l'école « puissent s'appliquer de la même façon dans les crèches. Il n'y a pas de raison de traiter différemment les crèches et les écoles », expliquait Najat Vallaud-Belkacem. Car la décision de la Cour de cassation a créé un précédent, renforçant la protection de la liberté religieuse dans l'entreprise.
« Je préfère qu’on ait des garde-fous »
Le député UMP des Alpes-Maritimes Eric Ciotti en a profité pour annoncer qu'il allait déposer une proposition de loi interdisant le voile au sein de toutes les entreprises privées. « Il faut permettre aux chefs d’entreprise de mettre des restrictions lorsqu’il y aurait des provocations, des pratiques contraires à l’usage, à l’habitude du fonctionnement de l’entreprise. Il y aurait la possibilité de mettre dans le règlement intérieur des limitations sur le port de signes religieux ostensibles. Et pour cela, il faut une nouvelle loi, je préfère qu’on ait ces garde-fous plutôt qu’on soit les otages de provocateurs, de gens qui veulent porter atteinte au principe de laïcité dans nos entreprises ».
« Privilégier les compétences »
Mais pour certains chefs d’entreprise, la mesure serait trop contraignante. Stéphane Brousse, président du Medef pour la région Paca, estime que « il ne faut pas une loi pour faire ça » car l’entreprise pourrait passer à côté de profils intéressants. « Il faut laisser le chef d’entreprise choisir le salarié dont il a besoin par rapport à des compétences et non pas par rapport à une tenue vestimentaire. Si une personne est très compétente et que c’est très important pour elle d’être voilée, pourquoi pas, s’il estime que ça ne gêne pas le travail qu’elle doit accomplir et l’environnement de l’entreprise. On privilégiera toujours la compétence et l’entente de l’équipe, mais en aucun cas on attend du parlement qu’il nous fasse une loi pour nous expliquer comment doivent fonctionner nos entreprises ».












