Affaire Cahuzac: l'exécutif savait-il?

Jérôme Cahuzac et François Hollande, ensemble, sur le perron de l'Elysée avec d'autres membres du gouvernement. - -
De deux choses l'une, soit l'exécutif savait et il a donc lui aussi participé à maintenir le mensonge quant à l'existence de comptes dissimulés à l'étranger de son ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac, soit il ne savait pas et c'est alors son autorité qui est prise en défaut.
L'opposition saisit la perche tendue
Pour Jean-François Copé, président de 'UMP, "La question [...] est de savoir si le président de la République, le Premier ministre et les membres du gouvernement étaient au courant et s'ils ont couvert ces faits". Mais que l'exécutif ait couvert ou non son ministre, ce mensonge, toujours d'après Jean-François Copé, "signe définitivement la fin de la gauche morale et donneuse de leçons".
Pour Claude Guéant, qui s'eprimait sur RFI, "à un moment, le pouvoir a dû savoir. Ça me semble évident, la question est de savoir quand, évidemment, mais il a dû savoir", insiste-t-il.
Au Front national Florian Philippot déclare "que Bécassine (alias François Hollande) ne peut pas se transformer avec un simple communiqué de presse en père la morale". Il est pour lui évident que François Hollande savait.
Sur le même ton que l'UMP, le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, s'est interrogé: "où s'arrête la chaîne du mensonge ? Qui savait et n'a rien dit ?". "Je suis comme tout le monde, sidéré, parce qu'on a tous envie que les choses ne soient pas aussi lamentables qu'elles le sont".
Une stratégie de défense jugée légère
Le président de la République, François Hollande, a pris "acte avec grande sévérité des aveux de Jérôme Cahuzac", qui "a commis une impardonnable faute morale" en "niant les faits", a déclaré l'Elysée dès mardi soir.
Mais ces déclarations peinent à calmer les esprits. La ligne de défense de l'exécutif s'en tient à l'ignorance du délit et la confiance trahie. Ainsi l'entourage du chef de l'Etat a assuré que l'ex-ministre avait nié du début à la fin "les yeux dans les yeux" face au président la détention de ce compte. La même tactique de dénégation a été adoptée par Jean-Marc Ayrault qui a de surcroît demandé à Jérôme Cahuzac "de quitter la vie politique".
Le chef du gouvernement a en revanche exclu de présenter des "excuses publiques" à l'Assemblée, comme l'a exigé l'ex-président de celle-ci, Bernard Accoyer. Rien ne dit non plus que François Hollande ira, comme le demande l'UMP, "s'expliquer devant les Français".
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