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EDITO - Petroplus : le compte à rebours de Montebourg

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Colère des 470 salariés de Petroplus à Petit-Couronne : les cinq offres de reprise de la raffinerie ont été rejetées en l’état. Est-ce la chronique de la mort annoncée du site pétrolier ?

Confronté au désarroi des salariés, un élu en première ligne se désolait mercredi soir, au sortir d’une énième réunion : "Je me bats comme un chien, la raffinerie est à l’arrêt depuis décembre, 470 familles jouent leur peau, sans parler des sous-traitants". Arnaud Montebourg annonçait mardi en fanfare cinq repreneurs potentiels, provoquant un immense espoir. Aussitôt douché mercredi après-midi, quand le comité d’entreprise a estimé que ces offres n’étaient pas recevables en l’état, mettant l’intersyndicale à bout de nerfs.

Le compte à rebours est enclenché ? Petroplus va fermer ?

Les administrateurs judiciaires et le directeur du site vont démarrer un plan de sauvegarde de l'emploi, pour ne pas dire un plan social. Il reste trois à quatre semaines, a déclaré Arnaud Montebourg. "C’est une procédure de liquidation judiciaire, deux propositions semblent sérieuses, elles doivent être finalisées, seul le Tribunal de commerce jugera de leur sérieux", rappelle un spécialiste du dossier, qui précise: "nous devons tout vérifier, les financements, l’approvisionnement en brut, le business plan, pour voir si tout cela est crédible". En clair, les salariés de Petroplus ne voient toujours rien venir et le ton monte avec les politiques…

Arnaud Montebourg s'est-il trop avancé ? A-t-il parlé trop vite ?

Le ministre du Redressement productif, qui a rejoué l’habituel refrain du volontarisme industriel, recevra vendredi l’un des éventuels repreneurs, donnant à ce feuilleton Petroplus un léger parfum de Florange. Avec cette annonce d’une possible participation minoritaire de l’Etat, qui serait à la charge de la Banque Publique d’Investissement, dont ce serait le premier dossier emblématique s’il était finalisé…

Il ne parle plus de nationalisation temporaire ? C'est fini ?

"Heureusement", aux dires d’un député socialiste proche de Jean-Marc Ayrault, qui a souligné mercredi soir que le milliard que proposait Montebourg à l’automne pour nationaliser Florange représentait alors un vingtième du crédit d’impôt national, pour six cents salariés. Une folie, selon ce député PS, qui rappelle que les grands plans sociaux tels que Petroplus, tout aussi brutaux et dramatiques soient-ils, ne représentent qu’une infime part des milliers d’emplois, jusqu’à quarante mille par mois, détruits notamment dans les PME, dans une indifférence générale. La raffinerie de Petit-Couronne, au même titre que PSA, Renault ou Goodyear, est un emblème. Le gouvernement en réalité est confronté à des dizaines et des dizaines de Petroplus tous les mois…

Ecoutez ici les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli de ce jeudi 7 février.

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Jean-François Achilli

Directeur de la Rédaction de RMC et éditorialiste RMC/BFMTV

Il intègre la rédaction de France Inter en 1998, puis le service politique en 2000, dont il prend la direction en septembre 2008. Il rejoint RMC en décembre 2012 comme directeur de la rédaction et éditorialiste RMC/BFMTV.

>> Suivez-le sur Twitter @jfachilli