Démissions en cascade chez les maires

François Baroin, président de l'Association des maires de France - LUDOVIC MARIN / AFP
Baisses de dotations, suppression de la taxe d'habitation, exigence accrue des administrés: nombreux sont les maires, usés, qui rendent l'écharpe avant le terme de leur mandat, normalement prévu en 2020. Selon un décompte du Figaro à partir du répertoire national des élus, 1021 édiles ont présenté leur démission depuis 2014 - sans compter les démissions "automatiques" dues au non-cumul des mandats. Soit 90% de plus que sous la précédente mandature, à la même période. Une véritable explosion.
Ras-le-bol
La difficulté de la tâche, bien souvent ingrate, en décourage plus d'un:
"J’ai quitté mes fonctions au mois de février cette année, parce que j’ai estimé que je n’étais plus en mesure de les assumer pleinement, étant donné la conjoncture et les contacts que j’avais avec l’Etat", témoigne sur notre antenne Philippe Rion, maire démissionnaire de Castillon, dans les Alpes-Maritimes.
"Sur l’ensemble des dotations versées par l’Etat, on peut tabler sur une baisse d’environ 30%. Pour une commune comme la nôtre, c’est colossal. Il y a eu des mois où je ne savais pas si je pouvais payer les employés", raconte Philippe Rion.
Communes rurales
Un constat partagé par l'Association des maires de France, comme le confirme Philippe Laurent, maire de Sceaux et secrétaire général de l'AMF: "Pour la plupart, ces maires ont quitté leurs postes parce que les conditions d'exercice de leurs mandats ne leur paraissaient plus satisfaisantes."
Les communes rurales sont les plus touchées par cette vague de démissions. Toujours selon Le Figaro, 887 des 1021 démissions volontaires recensées concernent en effet des communes de moins de 2000 habitants. De quoi donner de l'eau au moulin des Républicains, qui ne cessent de reprocher à Emmanuel Macron de méconnaître et de mettre en danger la France des campagnes.












