Croissance : le gouvernement sait-il où il va ?

Le Premier ministre a rassuré les députés qui craignaient un nouveau plan de rigueur en 2013, alors que personne n'a de chiffres pour la croissance. - -
Encore une rude journée mardi pour Jean-Marc Ayrault, accusé par la droite de laisser la « cacophonie » s'installer sur les prévisions de croissance. Laurent Fabius s'est en effet permis d'annoncer que la prévision s'établirait autour de 0,2% ou 0,3% au lieu des 0,8% prévus dans la loi de Finance. Mais le ministère de l'Economie a aussitôt démenti, affirmant que la nouvelle hypothèse n'était « pas encore arrêtée ». Sur RMC hier mardi, François Bayrou affirmait même qu’il fallait s’attendre à 0%. Qui dit vrai ? Le Premier ministre a tenté de rassurer les députés PS en martelant qu'il n'y aurait pas « de nouveau plan de rigueur » en 2013. Ce mercredi midi, tous les ministres sont aussi invités à déjeuner à Matignon. Au menu : les lettres de cadrage budgétaire fixant les principales orientations en matière de dépenses pour 2014, vont être envoyées « d'ici 15 jours » aux différents ministres, mais les discussions s'annoncent difficiles sur les économies à trouver.
« Le Premier ministre envoie la France vers la récession »
Pour le député UDI de Seine-Saint-Denis Jean-Christophe Lagarde, c’est bien la preuve qu’il s’agit « une nouvelle fois de cacophonie et d’improvisation » : « Le gouvernement a fait voter un budget il y a moins de 2 mois, où il prétendait avoir 0,8% de croissance. Mais voilà, avec les 27 milliards d’impôts nouveaux votés en 2012 par cette majorité, on se retrouve avec une croissance en panne, en berne, et ils sont obligés de revoir leurs plans. Monsieur le Premier ministre, qui aime parler de trajectoire, est en train d’envoyer la France vers la récession, qui ne fait qu’augmenter le chômage ».
« On sait où on va »
La route est bien tracée, pourtant, affirme Guillaume Bachelay, député PS de Seine-Maritime, proche de Laurent Fabius : « On sait où on va, on a une stratégie qui consiste à marcher sur les deux jambes, à la fois muscler le volet croissance avec la politique de compétitivité, les contrats de génération, les emplois d’avenir, la banque publique d’investissement. Et, en même temps, le sérieux, c’est-à-dire les efforts d’économie demandés aux Français, et déjà importants ».












