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Coach Hollande recadre les Bleus

BFM Christophe Jakubyszyn
François Hollande sur TF1 le dimanche 9 septembre 2012

François Hollande sur TF1 le dimanche 9 septembre 2012 - -

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Ce mardi, nous partons dans les coulisses des Bleus. Pas dans les vestiaires de l’équipe de France de football mais dans ceux du gouvernement. Les Bleus au gouvernement, vous voulez dire les débutants, les amateurs ?

Les débutants, les amateurs, c’est le président de la République qui le dit. Une phrase qui est passée presque inaperçue dimanche soir, une phrase de l’entraineur, pas très sympa : « sur les 16 ministres pleins seulement 5 avaient exercé une activité gouvernementale et encore il y a 10 ans ». En langage footballistique on dirait « dans mon équipe de 16, il n’y a que des baltringues… ».
Alors c’est dur, cruel de la part du président, mais c’est l’expression d’un certain agacement. Car depuis 4 mois, il faut dire que le travail gouvernemental manque parfois de professionnalisme. On les croyait préparés depuis des mois, des années, prêt à dégainer leurs mesures mais à la rentrée, il a fallu que le président pousse une colère pour que le gouvernement accélère le calendrier et convoque une session extraordinaire pour voter le contrat d’avenir et de génération.

Est-ce que ce sentiment d’impréparation est valable dans tous les ministères ?

Non, le président l’a dit. Au fond, ça fonctionne dans 5 ministères sur 16 ! Par exemple, à l’Intérieur ou à l’Education. Vincent Peillon s’est, pour sa part, longuement préparé à sa mission. Il a des idées très claires sur ce qu’il veut faire, notamment sur les rythmes scolaires. Et puis, il a des moyens : 60 000 professeurs en plus sur le quinquennat. Cela devrait lui permettre de faire passer la pilule amère des réformes qu’il veut entreprendre.
Ensuite, le ministre du budget Jérôme Cahuzac est « à bloc ». L’ancien président de la Commission des finances en fait même parfois un peu trop, selon ses collègues. Citons aussi Laurent Fabius aux Affaires étrangères ou encore Stéphane Le Foll à l’Agriculture.

C’est tout ?

Oui, c’est tout. Le président a dit 5, je m’arrête à 5. Au fond, vous savez ce sont ceux qui faisaient partie de l’équipe de campagne du candidat Hollande. Ils ont écrit le programme avec lui, ils l’ont suivi pendant 8 mois, ils savent ce qu’ils ont à faire. L’un d’entre eux me l’a dit : « Ayrault ne va pas m’expliquer ce que je dois faire, c’est moi qui l’ai écrit avec le président… ». Ambiance.

Justement et le Premier ministre ?

On ne va pas l’accabler. Le président l’a envoyé à Marseille, en « immersion » pendant deux jours. L’ancien maire de Nantes va découvrir là-bas de nouveaux horizons : Marseille, son économie parallèle, sa police, ses élus en guerre. Bref, Marseille c’est le stage de déniaisement du Premier ministre. Et puis, il y a d’autres ministres compétents mais qui ne s’étaient pas préparés à la bonne mission. C’est le cas de Michel Sapin. Il pensait avoir l’Economie, il a eu les Affaires sociales. Cécile Duflot avait beaucoup bachoté l’Environnement… elle a tiré un sujet sur le Logement.
Il y a aussi Pierre Moscovici qui rêvait des Affaires étrangères. Il a eu l’Economie. L’Economie à la base, c’est sa matière forte. Mais il n’avait pas prévu de gérer le plus grand plan de rigueur de l’histoire. Alors, il a trouvé quelques trucs. Par exemple les 10 milliards d’économies : en fait non, c’est zéro. C’est 10 milliards par rapport à ce qu’aurait été une augmentation normale. Bref, l’Etat a dépensé 100 en 2012, et bien il dépensera 100 en 2013. Et ça Pierre Moscovici, il appelle ça des économies.
Ensuite l’impôt à 75%. Les services de Pierre Moscovici à Bercy avaient bien fait les choses. Ils avaient réussi à désosser la mesure, à la vider de sens. Mais vendredi, ça s’est vu et François Hollande a pris l’élève Moscovici en flagrant délit. Alors je dis aux bleus du gouvernement : attention Coach Hollande a l’œil !