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Cazeneuve règle ses comptes avec les écologistes à l'Assemblée

BFM Ariane Kujawski avec AFP
Bernard Cazeneuve à l'Assemblée nationale le 4 février 2014.

Bernard Cazeneuve à l'Assemblée nationale le 4 février 2014. - Eric Feferberg - AFP

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Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazneuve s'est énervé contre François de Rugy lors d'un débat à l'Assemblée nationale jeudi. En cause, ses critiques pendant l'affaire du barrage de Sivens.

Le ton monte à l'Assemblée. Bernard Cazeneuve accuse François de Rugy, le chef des députés écologistes, d'avoir depuis des semaines "la haine aux commissures des lèvres" à son encontre.

"Je n'ai vu dans vos propos depuis des semaines que de la haine et de l'insulte aux commissures des lèvres", a lancé le ministre de l'Intérieur, qui s'exprimait lors du débat sur la réforme territoriale. Il a ainsi fait référence à des propos de François de Rugy à son égard après la mort de Rémi Fraisse sur le barrage de Sivens, dans le Tarn.

Des attaques "indignes" selon Cazeneuve

"Je vous ai entendu sur d'autres sujets proférer des attaques que j'ai considérées comme indignes. Je ne suis pas dans la haine, monsieur de Rugy, ce n'est pas ma culture, c'est vous qui l'êtes. Si vous voulez que je vous fasse la liste des propos que vous avez tenus sur mon compte qui relèvent de la diffamation, je peux les rappeler", a dit le ministre.

Bernard Cazeneuve a été au coeur des critiques des écologistes ces dernières semaines dans l'affaire de Sivens. François de Rugy a notamment assuré qu'il n'était "pas un bon ministre de l'Intérieur", que c'était "un homme raide", "très péremptoire et arrogant", et qu'il avait "sali l'honneur de la gendarmerie".

Cette passe d'armes est intervenue lors du débat sur la réforme territoriale lorsque Bernard Cazeneuve a dénoncé ceux qui "se réfugient dans l'identité parce qu'ils sont dans la facilité de la pensée", en semblant viser certains députés alsaciens ou bretons. Face aux protestations de François de Rugy, député de Loire-Atlantique et farouche partisan du rattachement de ce département à la Bretagne, Bernard Cazeneuve s'est interrompu et s'est lancé dans ce qui s'apparentait à un règlement de comptes.

Dans un second temps, le ministre de l'Intérieur est revenu à la charge. "Moi, j'ai toujours pensé qu'en politique, l'honnêteté ça existait", a-t-il martelé, dents serrées et regard noir, face à François de Rugy. "Ces questions-là se régleront devant le tribunal de la vérité. Ce que vous avez fait, moi je ne l'ai fait contre aucune personnalité politique".

Rugy dénonce le "mépris" du ministre

Le député écologiste a répondu dans l'hémicycle en dénonçant le "mépris" du ministre à l'égard de "ceux qui ne pensent pas comme (lui)". Plus tard, il a jugé que Bernard Cazeneuve avait "perdu ses nerfs, ce qui est inquiétant pour un ministre de l'Intérieur", "il confond son orgueil personnel et son honneur. C'est pas très glorieux de régler ses comptes dans un débat à l'Assemblée."

"Tous les gens qui me connaissent savent que je ne corresponds pas au portrait qu'il a tenté de dresser de moi et qui est sans doute devenu une obsession chez lui", a-t-il ajouté.

L'attitude de Bernard Cazeneuve a aussi été vivement critiquée par Barbara Pompili, co-présidente du groupe écologiste à l'Assemblée. "La principale qualité d'un ministre de l'Intérieur, c'est de garder son sang-froid", a-t-elle commenté sur Twitter.

Le chef des sénateurs écologistes Jean-Vincent Placé a lui aussi pris la défense de François de Rugy, exprimant sur Twitter sa "totale solidarité (...) après les propos scandaleux de Bernard Cazeneuve."