C’est le jour J du traité européen

Les Coulisses de la politique, de Christophe Jakubyszyn, sur RMC du lundi au vendredi à 7h20 - -
Oui, ils vont le voter car une large majorité des députés sont pour. Une large majorité… enfin si j’additionne les voix de droite et de gauche. Parce que si je ne prends que les députés de la majorité, ça va passer, mais ça va passer tout juste. Vous le savez, on en a déjà parlé. Ça passera sans les communistes, qui ne sont pas dans la majorité, et sans les Verts, qui y sont mais qui votent contre. Ça passera avec les socialistes donc. Tous ? Non, car un village peuplé d’irréductibles députés socialistes résiste encore et toujours à l’idée d’un traité budgétaire qui impose à la France de se désintoxiquer des déficits publics.
Alors le petit jeu de la journée ça va être de compter ces irréductibles qui vont voter contre le texte de leur gouvernement. Combien seront-ils ? 20, 15, 10 ? Le gouvernement commence à dire qu’en dessous de 20 se serait une victoire. En dessous de 15 une large victoire… Moi je trouve qu’au-dessus de zéro, c’est une défaite pour un gouvernement qui risque de voir son autorité entamé dans les prochains débats.
Pourquoi le président ou le Premier ministre n’ont pas été plus fermes ? Pourquoi par exemple n’ont-ils pas menacé d’exclure les ministres verts, comme Cécile Duflot, ou les ministres socialistes, comme Benoit Hamon, chef de file des rebelles au traité ?
C’est vrai qu’ils auraient pu être sanctionnés au nom de la solidarité gouvernementale. Mais qu’ont-ils répondu au président et au Premier ministre ? Ce n’était pas dans le programme du candidat Hollande. Hollande candidat n’avait pas prévu de ratifier le traité. Souvenez-vous, il avait dit que le traité Sarkozy-Merkel en l’état était inacceptable. Or que dit Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre quand on lui demande si le traité a été renégocié. Du coup difficile de sanctionner ceux qui voteront non cet après-midi.
Est-ce que cette absence de discipline de la majorité cet après-midi va fragiliser le gouvernement ?
Oui, sans aucun doute. On va le voir dès le lendemain dans le débat budgétaire pour le budget 2013. Il va y avoir beaucoup de débats et d’amendements. Car la majorité grogne sur ce budget de rigueur qui devait être exemplaire en matière de justice et d’équité. Or le gouvernement a donné l’impression de reculer face au mouvement des « pigeons », les entrepreneurs très bien organisés qui ont obtenu des assouplissements dans la taxation des plus-values de cession de leur entreprise. Déjà le rapporteur socialiste du budget propose des amendements au budget : il veut intégrer les œuvres d’art dans l’ISF ou encore plafonner davantage les niches fiscales pour les investissements en outre-mer.
Et la fronde n’est pas prête de s’arrêter. Car le FMI vient de dire cette nuit que la France ne respecterait pas ces engagements de réduction des déficits en 2012 et en 2013… Certains députés commencent à dire : toute cette rigueur pour rien ? Et faudra-t-il dans quelques mois un nouveau plan de rigueur ? De quoi semez encore davantage le doute auprès des députés socialistes qui n’ont pas fini d’être indisciplinés…
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