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Budget : les collectivités vont devoir se serrer la ceinture

BFM Mathias Chaillot avec Annabel Roger
A l'avenir, les 500 millions d'euros réservés par le ministère de la Ville aux territoires les plus en difficulté seront concentrés sur 500 à 1000 quartiers.

A l'avenir, les 500 millions d'euros réservés par le ministère de la Ville aux territoires les plus en difficulté seront concentrés sur 500 à 1000 quartiers. - -

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Le premier ministre Jean-Marc Ayrault réunit ce mardi un comité interministériel de la ville pour décider d’une réorganisation des subventions. Les collectivités locales devraient perdre près de 10% des dotations de l’Etat.

Après une visite à Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis lundi, Jean-Marc Ayrault réunit ce mardi à Matignon un Comité interministériel de la ville. Le Premier ministre réfute le mot « austérité » et préfère « gestion rigoureuse des finances publiques », mais le sens est le même : il va falloir se serrer la ceinture. Les collectivités locales devraient perdre 4,5 milliards d'euros de dotations sur 50 milliards prévu d'ici fin 2015, soit 9% des aides que leur accordait l’Etat. Le gouvernement veut cesser le saupoudrage et les ministères vont devoir travailler ensemble et mettre la main au portefeuille pour améliorer la politique de la ville. A l'avenir, les 500 millions d'euros réservés par le ministère de la Ville aux territoires les plus en difficulté seront donc concentrés sur 500 à 1 000 quartiers au lieu de 2 500 actuellement. Le ministère du Travail sera lui aussi mis à contribution avec 5 000 euros de subvention pour l'embauche en CDI d'un jeune d'un quartier populaire.

« Obligés de tailler dans les services publics »

Christian Pierret, le maire PS de Saint-Dié des Vosges et président de la Fédération des villes moyenne, veut bien consentir à l’effort, mais sous certaines conditions. « Ok pour l’effort, mais un effort réparti en fonction de la richesse réelle. Si on nous contraint trop dans nos finances, malgré notre volonté de participer à l’effort national, si nous sommes contraints au-delà du raisonnable, nous serons obligés de tailler dans les services publics. On va reconsidérer les aides qu’on donne aux associations : est-ce que ce sera sur la culture pour tous, ou bien le sport ? Nous serons bien obligés de réduire un certain nombre de choses que nous accordons aujourd’hui à nos populations ».

« Pas de rabotage bête et méchant »

Creil, dans l'Oise, compte 34 000 habitants, 57% de logements sociaux, et 20% de chômage. Les dotations de l'Etat représentent 48% du budget de fonctionnement de la ville, il est donc forcément difficile d’envisager une baisse drastique et radicale. « Pas de rabotage bête et méchant », demande simplement Jean-Claude Villemain, le maire socialiste de la ville. « Charité bien ordonnée commençant par soi-même, je souhaite que l’Etat fasse les mêmes efforts sur ses propres services ». Si le budget 2013 ne comporte pas un centime de plus qu’en 2012, il va falloir aller encore plus loin en 2014. Pour le maire, pas question d'augmenter la fiscalité : « Nous avons une population touchée par la crise. On ne veut pas s’appuyer sur les classes moyennes pour ne pas les faire fuir ». La solution est donc l’augmentation de certains tarifs : la restauration scolaire, mais aussi le conservatoire de musique ou la médiathèque.