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Budget 2013 : la fronde des entrepreneurs

BFM La Rédaction, avec Annabel Roger
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Les entrepreneurs protestent contre le projet de loi de finances 2013 du gouvernement. En cause, la hausse des cotisations pour les auto-entrepreneurs et la hausse des plus-values sur les ventes de sociétés.

La charge des entrepreneurs contre le projet de loi de finances 2013 du gouvernement s'amplifie. Sur les réseaux sociaux, de nombreux dirigeants de start-up françaises se sont joints au mouvement "Geonpi" ("pigeon" en verlan), qui fait le buzz auprès des entrepreneurs depuis la présentation du projet de budget 2013.
Le Medef a même évoqué un « racisme anti-entreprises ». Ce mardi matin, dans la presse, l'association Croissance + dénonce le hold-up fiscal du gouvernement Ayrault.
En cause : la hausse des cotisations qui augmentant de 2 à 3,3% pour les auto-entrepreneurs et la hausse des plus-values en cas de vente de sa société par un entrepreneur (plus-values cession). Pierre Moscovici a toutefois déclaré ce jeudi matin que la taxation sur les plus-values de cession pourrait être revue. « Il faudra sans doute modifier [le texte] », a-t-il déclaré.

« C'est un mauvais calcul »

Certains entrepreneurs estiment que c’est un « mauvais calcul » à l’image d’Olivier Duha, patron de Webhelp -10 000 salariés- et président de Croissance + : « J’ai l’impression effectivement que le gouvernement considère qu’il y a de l’argent partout, qu’il suffit d’aller le chercher là où il est. Les entrepreneurs sont ciblés mais c’est un mauvais calcul, estime-t-il. Il va y avoir 3 effets, le premier on va décourager l’esprit d’entreprise. Après, certains récalcitrants iront entreprendre ailleurs, donc ils ne seront plus fiscalisés en France parce qu’ils iront s’exiler dans des pays où il est plus facile d’entreprendre et à très court terme, ça va bloquer les cessions d’entreprises ».
D’autres sont soutiennent tout de même le projet du gouvernement. « Je ne considère pas qu’on est des vaches à lait, proteste Alain Assouline, patron de l’agence de médias Les Argonautes -60 salariés-. Je considère juste que ce gouvernement est en train d’appliquer ce qu’il a dit c’est-à-dire de faire de la justice fiscale ».
Pour tenter de calmer le jeu, Pierre Moscovici reçoit ce jeudi de jeunes entrepreneurs. Dans le même temps, l'Elysée planche sur une baisse du coût du travail étalée sur tout le quinquennat. Les charges sociales des entreprises pourraient être allégées de 40 milliards d'euros d'ici 2017 (8 à 10 milliards par an).