Borloo mouche ses détracteurs et défend son profil

Sous couvert d'humour bonhomme, Jean-Louis Borloo a fermement répondu dimanche sur Canal+ aux attaques dont il est la cible depuis que son nom est cité pour succéder à François Fillon. Même s'il a de nouveau assuré ne pas avoir évoqué son avenir avec Nico - -
PARIS (Reuters) - Sous couvert d'humour bonhomme, Jean-Louis Borloo a fermement répondu dimanche aux attaques dont il est la cible depuis que son nom est cité pour succéder à François Fillon.
Interrogé sur Canal+, le ministre de l'Ecologie s'est décrit en "acteur politique totalement engagé" qui n'a pas de points "à perdre ou à gagner" auprès de Nicolas Sarkozy avant le prochain remaniement, attendu pour la deuxième partie de novembre.
Même s'il a de nouveau assuré ne pas avoir évoqué son avenir avec le chef de l'Etat, son interview était jalonnée de petites pierres blanches pointant vers Matignon, dont quelques déclarations aux faux-airs de discours de politique générale.
Tout en trouvant le débat sur le remaniement "assez inélégant" à l'égard du Premier ministre, Jean-Louis Borloo a expliqué avoir tiré des leçons, qui sonnent comme autant de qualités pour diriger un gouvernement, de la crise des hydrocarbures, qui touche à sa fin à l'instar de la contestation de la réforme des retraites.
"Ce que j'ai appris, c'est qu'il faut être là 24 heures sur 24 et rester calme - il y a ceux qui gèrent les crises et ceux qui les commentent - et il faut faire travailler tous les partenaires", a déclaré le ministre de l'Energie.
En ce week-end de Toussaint, 95% des stations-services fonctionnent de nouveau normalement, s'est-il félicité, deux jours après l'arrêt des grèves dans les raffineries et la levée du blocage des terminaux pétroliers de Marseille.
"Je n'ai pas à gagner ou perdre des points. On n'est pas dans un mercato", a-t-il répondu alors qu'on lui demandait quels bénéfices politiques il pourrait tirer de cette gestion de crise.
"TÊTE DE L'EMPLOI" ?
Au fil d'un automne social agité, "ce que j'ai entendu de la rue, c'est que plus y a de crise, plus il y a besoin de justice. De justice sociale, de justice fiscale et de respect", a fait valoir Jean-Louis Borloo qui dit avoir deux priorités, le logement et la "qualification de la jeunesse".
L'ancien avocat d'affaires a rappelé avoir entamé sa carrière politique il y a vingt ans à Valenciennes, dans le Nord.
Son "combat", à l'entendre, n'a pas varié depuis: "pour l'avenir industriel, le développement économique, pour la justice sociale, tendre la main aux plus fragiles, considérer que la richesse d'un pays, ce sont ses ressources humaines".
Il s'est rappelé avoir dû tordre le cou aux critiques à chacune des étapes de son ascension politique, de son entrée au gouvernement au pilotage du plan de cohésion sociale ou du Grenelle de l'environnement.
Depuis que l'hypothèse de sa nomination à Matignon a pris corps cet été, "j'ai l'impression de relire le même film: tout d'un coup je deviens brouillon, je suis mal coiffé ou je suis trop bien coiffé ou je n'ai pas la tête de l'emploi".
François Bayrou, président du MoDem, a indirectement mis en garde Nicolas Sarkozy contre la nomination de Jean-Louis Borloo au poste de chef de gouvernement.
La fonction de Premier ministre exige "solidité" et "stabilité", a-t-il dit sur Europe 1, deux qualités dont le ministre de l'Ecologie serait dépourvu à ses yeux.
Une amabilité balayée par Jean-Louis Borloo.
"Qu'un centriste, quelqu'un qui est dans son camp clairement mais très attentif à ces sujets (de justice sociale) soit un peu dérangeant pour un certain nombre de gens, je trouve ça normal et je considère que c'est un hommage qui m'est rendu", a-t-il dit.
Laure Bretton, édité par Patrick Vignal












