BFM

Borloo évoque un "malentendu" avec les sinistrés

Maisons inondées lors du passage de la tempête Xynthia à La Faute-Sur-Mer, dans le Sud-Ouest. Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a justifié le différend entre les autorités et les sinistrés de Xynthia sur le tracé des "zones noires", par un "ma

Maisons inondées lors du passage de la tempête Xynthia à La Faute-Sur-Mer, dans le Sud-Ouest. Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, a justifié le différend entre les autorités et les sinistrés de Xynthia sur le tracé des "zones noires", par un "ma - -

Téléchargez la nouvelle application BFM
Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, estime qu'un malentendu s'était installé entre les autorités et les sinistrés de la tempête...

BORDEAUX (Reuters) - Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo, assure qu'il n'y aura aucune démolition systématique de maisons situées dans les "zones noires" dévastées par la tempête Xynthia.

Accompagné des les secrétaires d'Etat à l'Ecologie et au Logement, Chantal Jouanno et Benoist Apparu, il s'est rendu en Vendée et en Charente-Maritime.

Les "zones noires" ne seront pas remises en question, mais il fallait aller sur le terrain "pour bien réexpliquer tout le processus", a résumé Benoist Apparu sur France Info.

Ces zones, qui délimitent le périmètre à l'intérieur duquel plus de 1.500 logements en Vendée et en Charente-Maritime doivent être détruits, ont été tracées par les pouvoirs publics.

Jean-Louis Borloo a transmis à la presse en fin de journée le courrier qu'il a envoyé aux élus qui contestent les décisions du gouvernement.

"Il n'est pas question d'exproprier sur la totalité de ces zones et immédiatement l'ensemble des habitations", écrit-il.

Comme à son arrivée à La Rochelle jeudi matin, il s'emploie dans sa lettre à "lever un malentendu amplifié par l'émotion" après le passage de la tempête, qui a fait 53 morts fin février.

"Il ne saurait être question de la démolition systématique et autoritaire" des habitations situées dans ces "zones noires", dit Jean-Louis Borloo.

Ses propos ont été généralement bien accueillis.

On a le sentiment que nos protestations commencent à être entendues", a déclaré à Reuters Xavier Machuron-Mandard, secrétaire de l'Association des victimes des inondations de La Faute-sur-Mer (AVIF).

"L'administration va peut-être se rendre compte que toutes les décisions prises dans l'urgence ne sont pas forcément pertinentes", a-t-il ajouté.

L'AVIF, qui regroupe les victimes des deux communes les plus touchées par la tempête en Vendée, La-Faute-sur-Mer et L'Aiguillon-sur-Mer, a annoncé le dépôt d'un référé devant le tribunal administratif de Nantes pour contester les décisions du gouvernement.

"UNE CERTAINE SOUPLESSE"

L'association, dont l'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage est l'avocate, veut obtenir, entre autres, la communication des études "ayant servi de fondement à la détermination des zones noires".

Il sera interdit aux occupants d'habitations y figurant de reconstruire sur place, ce qui suscite une levée de boucliers. Nombre de riverains et d'élus contestent la cartographie du gouvernement qu'ils jugent arbitraire et organisent des manifestations depuis dix jours.

"On a défini des zones qui ouvrent des droits", a expliqué Jean-Louis Borloo à La Rochelle. "Elles sont stabilisées car sans ça on ne pourrait pas organiser des ventes amiables garanties par l'Etat. Pour les gens qui attendent, on a besoin de stabilité, a-t-il insisté devant la presse, à la sortie d'une réunion avec les maires de Charente-Maritime.

Henri Lambert, édile de Nieul-sur-Mer, a estimé que Jean-Louis Borloo avait "bien compris nos préoccupations" en apportant "une certaine souplesse au processus dans les zones noires".

"C'est une avancée certaine", a renchéri Jean-François Faget, maire de Charron. "Nous savons désormais qu'il n'y aura pas une destruction systématique".

La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a assuré mercredi que les personnes qui devront quitter ces zones ne subiraient pas la décote de vétusté, habituellement appliquée par les assureurs quand leurs clients reconstruisent ailleurs.

Jean-Louis Borloo, qui a annoncé l'envoi de "délégués à la solidarité" dans les deux départements à partir de lundi, a précisé que les procédures d'extradition seraient lancées "au cas par cas" et seulement après "expertise contradictoire".

"S'il existe un danger réel, il y aura une déclaration d'utilité publique (DUP) car il n'est pas question de laisser des gens en danger et cette procédure sera contradictoire sous le contrôle du juge" et pour les autres, "l'Etat garantit une reprise au prix du marché avant la tempête sans décote", a-t-il expliqué.

Claude Canellas, avec Guillaume Frouin à Nantes et Laure Bretton à Paris, édité par Gilles Trequesser