Borloo devance Copé à l’assaut

Les Coulisses de la Politique, de Jean-François Achilli, du lundi au vendredi à 7h20 sur RMC - -
Et pour cause ! Jean-Louis Borloo (invité ce mardi à 8h35 sur RMC et BFMTV) vient de brûler la politesse à son petit camarade de l’UMP. Le président de l’UDI a écrit lundi soir une lettre ouverte au premier ministre, pour l’appeler à un sursaut national, une sorte d’ultimatum. Borloo, qui s’exprime également dans les colonnes du Figaro, demande à Ayrault de revenir sur les dispositions votées l’été dernier, qui constitueraient des erreurs à ses yeux : la première d’entre elles serait la « refiscalisation » des heures supplémentaires, qui aurait touché au pouvoir d’achat de 9 millions et demi de salariés, et ôté de la flexibilité aux entreprises.
Jean-Louis Borloo s’en prend également à la hausse de la TVA sur le bâtiment…
Le taux intermédiaire est passé de 7 à 10%. Cent mille emplois seront détruits en 2013, affirme le patron de l’UDI qui propose de revenir à 5% sur la construction de logements sociaux, les travaux de rénovation et l’amélioration de l’efficacité énergétique. Enfin, troisième erreur, la fin du forfait dans le secteur des services à la personne, générateur de travail au noir. Les entreprises et les Français qui redoutent des hausses d’impôts vont tout laisser tomber confie Jean-Louis Borloo, qui réclame du coup une pause fiscale, un message qui devrait sonner doux aux oreilles des Français.
Quel est l’ultimatum ?
Si le Premier ministre nous envoie bouler, alors nous votons la censure, annoncent les UDI. Même si la démarche des uns et des autres n’a aucune chance d’aboutir, Jean-Louis Borloo a fait un coup en s’offrant un tour de piste avant celui de l’UMP.
Comment réagit Matignon à cette offensive de l’opposition ?
C’est un moment démocratique important, sérieux, expliquait lundi soir l’entourage du Premier ministre. Cette motion sera peut-être plus regardée que d’autres par le passé, parce que la situation économique est compliquée avec une critique forte émanant de la droite, a reconnu Matignon, avant d’ajouter : « Jean-Marc Ayrault s’en réjouit parce qu’il y aura une vraie explication. Il sait où il va, son texte, en voie de finalisation, sera fin prêt demain ».
Ça, c’était avant la lettre que Jean-Louis Borloo a fait porter tard lundi soir. Et qui ne devrait pas changer grand-chose dans le dialogue de sourds dans lequel se sont installés majorité et opposition.
Ecoutez ici les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli de ce mardi 19 Mars.
Jean-François Achilli|||
Directeur de la Rédaction de RMC et éditorialiste RMC/BFMTV
Il intègre la rédaction de France Inter en 1998, puis le service politique en 2000, dont il prend la direction en septembre 2008. Il rejoint RMC en décembre 2012 comme directeur de la rédaction et éditorialiste RMC/BFMTV.
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