Avant sa rencontre avec Poutine, Macron est "optimiste" sans "croire aux "miracles"

Les présidents Vladimir Poutine et Emmanuel Macron le 29 mai 2017 à Versailles - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP
Discuter sans brusquer. Alors qu'Emmanuel Macron rencontrera Vladimir Poutine en fin de journée ce lundi, en pleine crise ukrainienne, le président français a affiché sa volonté "d'engager la discussion" pour aboutir à des "engagements réciproques".
"Je suis déterminé et lucide. Je ne crois pas qu’il y ait de victoires de court terme. On peut empêcher des choses à court terme. Et il faut essayer de réengager le dialogue (…). Je ne crois pas aux miracles spontanés", a ainsi confié le chef de l'État dans l'avion pour Moscou.
"La moindre erreur peut partir très loin"
Le locataire de l'Élysée sait qu'il joue gros avant sa rencontre en-tête-à-tête avec le président russe en pleine présidence tournante française de l'Union européenne et alors qu'il est le premier dirigeant occidental de premier plan à se rendre en Russie depuis l'acmé des tensions.
Emmanuel Macron refuse donc d'afficher tout triomphalisme et cherche principalement à renouer le dialogue entre l'Europe et la Russie, le Vieux continent ayant été exclu des négociations au début de la crise.
"C'est dans ces moment-là de tensions (...) (que) l’Histoire nous a enseigné que ça pouvait partir ensuite très loin. Moi, je pense qu’il vaut mieux essayer d’engager, de recréer des processus de confiance, c’est un grand mot, mais de transparence, d’engagements réciproques", a encore avancé le président.
"La solution est dans la désescalade"
Dans le JDD ce dimanche, il assurait d'ailleurs ne pas attendre de "gestes unilatéraux" de la part de la Russie, souhaitant surtout "éviter une dégradation de la situation".
Emmanuel Macron a également assuré être sur la même longueur d'onde que le président américain, Joe Biden, en première ligne sur le conflit avec l'Ukraine.
"Je pense qu’il est (...) d’accord pour dire que la solution est dans la désescalade", a confié le président de la République, après avoir déjà échangé avec son homologue américain par téléphone ce dimanche.
"Pas sûr que Poutine sache" quand aura lieu la fin de la crise
L'engagement du président sur la crise ukrainienne est également lié au fait qu'il a conditionné sa déclaration de candidature à la présidentielle à la fin "du pic de la crise géopolitique" dans les colonnes de La Voix du Nord la semaine dernière.
"Je ne sais pas (quand aura lieu le pic de la crise, ndlr) et je ne suis pas sûr que Vladimir Poutine le sache lui-même", a cependant reconnu le chef de l'État.
Si certains spécialistes tablent sur une sortie de crise rapide, d'autres estiment que l'intérêt des Russes peut être de jouer la montre. La seconde hypothèse rendrait plus compliquée l'entrée dans l'arène de la campagne présidentielle pour Emmanuel Macron.












