« Affaire Findus » : la Repression des fraudes inspecte Comigel et Spanghero

Les autorités réclament plus de transparence dans la filière viande après la découverte de cheval dans des préparations au boeuf distribués dans plusieurs pays européens, provoquant un retrait des rayons des plats surgelés concernés. /Photo prise le 8 fév - -
Le ministre délégué à l'Agroalimentaire Guillaume Garot a assuré ce lundi matin sur RMCque des sanctions seraient prises à l'encontre des responsables dans l'affaire Findus où des produits annoncés "100% boeuf" contenaient en réalité de la viande de cheval. François Hollande a également annoncé un peu plus tard que des sanctions seraient prises à l'égard des responsables. Le président français a souligné lors d'un déplacement en banlieue parisienne le « double devoir de transparence et de responsabilité » de l'Etat. « Des enquêtes vont être diligentées dans un délai très court et mercredi nous en saurons encore davantage », a-t-il dit.
Et, dans la foulée, les services de la Répression des fraudes (DGCCRF) ont annoncé une inspection dans les locaux de Comigel et Spaghero, deux sociétés impliquées dans le scandale. Sur RMC ce lundi, le PDG de Spanghero, Barthélémy Aguerre, se défend et assure qu'il a bien acheté de la viande « de bœuf, réceptionné comme du bœuf ». Par ailleurs, une réunion de crise est prévue ce lundi à Bercy en présence des ministres de l'Agriculture Stéphane Le Foll, de la Consommation Benoît Hamon et de l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, avec des représentants de la filière viande. L'enquête menée en France par la Répression des fraudes (DGCCRF), a mis en lumière un circuit complexe de commercialisation de cette viande. Findus, marque dont certains produits contenaient de la viande de cheval, se fournissait auprès d'une usine luxembourgeoise du groupe français Comigel, qui se fournissait elle-même auprès de Spanghero, filiale du groupe Pujol. Ce groupe a acquis de la viande surgelée via un négociant chypriote qui avait sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas, ce dernier s'étant fourni auprès d'un abattoir et d'un atelier de découpe en Roumanie.
Le nombre d'intermédiaires est tellement important qu'il est difficile de maîtriser la traçabilité du produit, a estimé lundi le ministre de l'Agriculture. « Il faut sortir de ce brouillard », a dit Stéphane Le Foll. « On pourra toujours revendiquer une traçabilité, fixer des règles où chacun est responsable de l'application de la règle, mais si le système est à ce point brouillé, si le brouillard est tellement épais que plus personne ne s'y retrouve, on finira par avoir de gros problèmes ».
Transparence
Michel Barnier, commissaire européen au Marché unique, a de son côté appelé à tirer des leçons de cet incident. « Au delà de la justice qui doit se prononcer pour sanctionner les éventuels coupables, les consommateurs ont le droit à la transparence, ils ont le droit à la vérité, ils ont le droit à la traçabilité, ils ont le droit à la qualité », a-t-il dit. « Sur la traçabilité, je pense qu'il faut aller plus loin pour dire au consommateur non seulement la nature de la viande qu'il consomme mais l'origine de cette viande, y compris sur des plats préparés et cuisinés », a-t-il ajouté. Il a également appelé à lutter contre la spéculation et à mettre "de la lumière sur des gens qui n'aiment pas beaucoup la lumière."
Le président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania) a réfuté toute remise en cause de la traçabilité des produits alimentaires, estimant avoir été victime d'une fraude. L'industrie a été victime de la "tromperie" d'un fournisseur mais n'est pas responsable de la crise, a déclaré Jean-René Buisson. « Nous avons un problème de tromperie, il ne faut pas mélanger les problèmes avec le contrôle de la filière qui reste le meilleur du monde ». « En tant qu'industriels, nous recevons des produits d'un fournisseur qui nous remet un certificat qui certifie que c'est de la viande de boeuf ou que c'est de la viande de X ou Y », a-t-il expliqué. « En l'occurrence, Findus, qu'on cite le plus, a reçu de la viande avec un certificat qui lui indiquait que c'était de la viande de boeuf ».
Enquête
Pour Jean-René Buisson, il est impossible de faire un test ADN à chaque arrivée de produit nouveau pour vérifier la nature de la viande. Findus France estime avoir été trompée et a annoncé qu'elle porterait plainte contre X lundi. Le député José Bové, qui a demandé samedi l'ouverture d'une enquête européenne, a dénoncé lundi une "logique financière". « Aujourd'hui celui qui fabrique ces plats préparés veut que la matière première lui coûte le moins cher possible donc il s'approvisionne auprès des différents intermédiaires qui lui disent 'nous on vous apporte la marchandise la moins chère possible », a-t-il dit. « Les intermédiaires savaient très bien comment se faire de l'argent, est-ce que ceux qui ensuite recevaient cette viande pour la transformer étaient au courant? Je suis incapable de le dire et ça c'est l'enquête qui doit le montrer ».












