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A l'Elysée, la "guerre" en coulisses

BFM A.-F. L. avec AFP
Le président François Hollande à l'Elysée à Paris, le 20 novembre 2015

Le président François Hollande à l'Elysée à Paris, le 20 novembre 2015 - Michel Euler - AFP

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En apparence, le quotidien élyséen se poursuit: François Hollande assure ses obligations protocolaires, remet des décorations, reçoit comme chaque semaine sa majorité. Mais en coulisses, le chef de l'Etat est tout entier accaparé par la "guerre" contre le "terrorisme".

Dans un pays frappé par des attentats sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale, "tout arrêter serait donner raison à ceux qui nous attaquent. Il faut défendre la poursuite de l'activité démocratique, montrer la solidité des institutions", souligne un membre de l'entourage du chef de l'Etat.

Moment-clé de la volonté présidentielle d'afficher cette force républicaine : la réception de l'ensemble de la classe politique, de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, avant un discours devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, une première pour lui.

Hollande soit assurer la "continuité de l'Etat"

"François Hollande est à la fois dans la gestion d'un événement hors norme et dans la volonté d'assurer, et d'afficher, la continuité de l'Etat", décrypte le directeur général adjoint de l'Ifop, Frédéric Dabi. Les attentats du 13 novembre, renchérit le politologue Philippe Rozès, ont réveillé l'imaginaire républicain que François Hollande a incarné après les attaques de janvier.

Hormis l'annulation de sa présence au sommet du G20 juste après les attentats, François Hollande a honoré tous ses rendez-vous: discours à l'Unesco mardi, rassemblement des maires de France mercredi, remise jeudi de la légion d'honneur, notamment au journaliste d'Europe 1 Jean-Pierre Elkabbach... Il se rendra aussi vendredi prochain, comme prévu, au sommet du Commonwealth à Malte après avoir présidé dans la matinée l'hommage national aux victimes des attentats.

La veille de l'assaut policier à Saint-Denis, qui a abouti à la mort du cerveau présumé des attentats, François Hollande a maintenu le traditionnel dîner du mardi avec les membres de sa majorité, dont le président de l'Assemblée, Claude Bartolone, à un peu plus de 15 jours des régionales.

Pas question non plus d'annuler la visite jeudi du président de Mongolie, Tsakhia Elbegdorj, qu'il a reçu pour un entretien suivi d'un déjeuner.

Mais en parallèle, le président s'active à la "guerre" contre les jihadistes de Daesh, qui ont revendiqué les attentats: en moins d'une semaine, le président a convoqué quatre conseils restreints de défense, ordonné "l'intensification des frappes" en Syrie et en Irak contre Daesh, fait adopter l'état d'urgence pendant trois mois.